19 juin 2026

Burkina Voix

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Est de la RDC : l’AFC/M23 dénonce un silence complice face aux provocations de Kinshasa

Le jeudi 18 juin 2026, depuis Goma, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a vivement critiqué ce qu’il qualifie de discours « irresponsable » et « va-t-en-guerre » tenu par le président Félix Tshisekedi à Houston, aux États-Unis. Ce dernier s’était exprimé devant une partie de la diaspora congolaise après le match RDC-Portugal de la Coupe du monde, promettant une reconquête imminente des territoires sous contrôle rebelle.

Lors de cette déclaration, Corneille Nangaa a réaffirmé la détermination de son mouvement à se défendre face aux menaces de Kinshasa. Il s’est dit perplexe devant l’attitude de la communauté internationale, qu’il accuse de complicité en raison de son silence face aux agissements du gouvernement congolais. Selon lui, les partenaires au processus de paix sont informés des attaques menées par l’armée régulière, en violation des engagements pris et des efforts diplomatiques en cours.

« Face à cette situation dramatique et au regard des calamités qui s’ensuivent, nous avons la responsabilité, devant Dieu, l’Histoire et la Nation, de constater ce silence assourdissant de la médiation et des partenaires au processus de paix, qui frise la complicité. Surtout que la communauté internationale dispose d’informations détaillées sur la réalité du terrain, les bilans massifs des victimes civiles et les auteurs de ces crimes », a dénoncé Corneille Nangaa.

Il a ajouté que les médiateurs des pourparlers de Doha, les missions diplomatiques, les agences internationales et les organisations de défense des droits humains sont au courant de la détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire, notamment dans les Hauts-Plateaux de Minembwe. L’absence d’action de leur part renforce l’impunité et encourage la poursuite des violences, a-t-il estimé.

« Nous refusons que les souffrances des populations de l’Est du Congo soient traitées comme une tragédie périphérique qui se déroule, comme ils le disent le plus souvent, à plus de 2 000 kilomètres de Kinshasa. Chaque vie humaine mérite la même protection et la même considération. Nous attirons l’attention de tous sur les nombreux obstacles, les duperies, les manipulations, les jongleries et les intrigues dans le chef de Monsieur Félix Tshisekedi et de ses partenaires internationaux, qui ne cessent de compromettre gravement les efforts de paix en République démocratique du Congo », a poursuivi le coordonnateur politique.

M. Nangaa a également souligné le contraste entre le renforcement des dispositifs militaires par Kinshasa et un processus de désescalade sincère. Alors que l’AFC/M23 a libéré plusieurs centaines de prisonniers de guerre comme mesure de confiance, les engagements réciproques du régime de Kinshasa n’ont pas été respectés, déplore-t-il.

Cette nouvelle escalade verbale intervient dans un contexte où les initiatives diplomatiques, notamment les accords de Washington et le processus de Doha, peinent à instaurer un cessez-le-feu durable. Les hostilités se poursuivent sur le terrain entre la rébellion et les forces gouvernementales, malgré les appels nationaux et internationaux au respect des engagements. L’écart entre les réalités locales et les avancées diplomatiques reste important, chaque partie interprétant les dispositions à sa convenance.