18 juillet 2026

Burkina Voix

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Dialogue national en RDC : les leaders religieux au cœur du processus de paix

Un dialogue national inclusif pour restaurer la paix en RDC

Les représentants des confessions religieuses à l’issue de leur rencontre avec le chef de l’État congolais

Félix Tshisekedi a officiellement lancé un dialogue national inclusif lors d’une audience avec les principaux leaders religieux de la République démocratique du Congo. Cette initiative vise à renforcer la cohésion nationale et à rétablir la paix dans un pays confronté à des défis politiques et sécuritaires majeurs.

« Nous saluons cette démarche qui s’inscrit dans la continuité des efforts de paix entrepris par le président », a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, à l’issue de la réunion organisée à la Cité de l’Union africaine.

Un processus républicain pour un Congo unifié

Le communiqué de la présidence précise que ce dialogue doit se dérouler « dans le strict respect des institutions et de la Constitution ». Le chef de l’État a validé l’idée d’un échange « entre fils et filles du Congo », dont les modalités pratiques restent à définir.

Le cardinal Ambongo a souligné l’urgence de cette initiative : « Notre pays a besoin de communion entre ses enfants. L’unité nationale est indispensable pour affronter la crise à l’est, que nous attribuons aux agissements du Rwanda ».

Kigali dément systématiquement soutenir la rébellion du M23, accusée de contrôler d’importantes zones dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Plusieurs rapports onusiens et les autorités congolaises pointent pourtant régulièrement le rôle du Rwanda dans cette insurrection.

Les religieux, médiateurs clés du processus

Les confessions religieuses ont accepté de porter ce dialogue comme un « apostolat », selon les termes du cardinal. Leur mission consistera à accompagner les parties prenantes – majorité présidentielle et opposition – dans la recherche d’un compromis durable.

Parmi les personnalités religieuses présentes :

  • Mgr André Bokundoa (Église du Christ au Congo)
  • Mgr Ejiba Yamampia (Église de Réveil du Congo)
  • Cheikh Abdallah Mangala (Communauté musulmane)
  • Mgr Donatien Nshole (porte-parole de l’Église catholique)
  • Pasteur Éric Senga (Église du Christ au Congo)

Une feuille de route devrait prochainement être publiée pour encadrer ce processus, après plusieurs consultations menées ces dernières semaines avec les acteurs politiques et la société civile.

Contexte et enjeux du dialogue

Cette annonce intervient après une série de rencontres diplomatiques. Début juillet, le président burundais Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine, avait reçu des représentants de l’opposition congolaise et des leaders religieux à Bujumbura. Il les avait appelés à adopter une approche flexible pour permettre l’ouverture de discussions.

Par ailleurs, le cardinal Ambongo s’était entretenu le 9 juillet à Brazzaville avec Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo, sur les tensions politiques et sécuritaires en RDC.

Plusieurs points de divergence persistent entre les parties. L’opposition exige notamment :

  • La libération des prisonniers politiques
  • L’arrêt des poursuites jugées arbitraires
  • Le rétablissement des libertés publiques
  • L’abandon de tout projet de révision constitutionnelle avant les discussions

Fin juin, Félix Tshisekedi avait réaffirmé sa disponibilité pour le dialogue, tout en rappelant qu’il ne devait pas servir à contourner les institutions ou remettre en cause la volonté populaire exprimée par les urnes.