30 mai 2026

Burkina Voix

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Deux hommes perdent la vie lors d’un incident sécuritaire près de l’ORTM à Bamako

Le quartier abritant le siège de l’ORTM, la radio-télévision nationale du Mali, a été le théâtre d’un drame sanglant ce jeudi aux premières lueurs du jour. Vers 5h30, deux jeunes hommes circulant à moto ont été mortellement touchés par des tirs militaires dans ce secteur stratégique de Bamako, où la surveillance a été considérablement renforcée ces dernières semaines.

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Des versions divergentes sur les circonstances du drame

Selon les rapports émanant de l’État-major des armées, les deux individus auraient tenté de franchir de force les dispositifs de sécurité entourant le bâtiment public. Les autorités affirment que des tirs de sommation ont été effectués par les agents de garde après le passage forcé d’un premier point de contrôle, avant que l’usage de la force létale ne soit appliqué.

Cependant, cette version officielle est nuancée par des témoignages recueillis sur les lieux. Plusieurs sources indiquent que les victimes étaient en réalité des travailleurs saisonniers se rendant sur leur lieu de travail. Leur méconnaissance des nouvelles restrictions de circulation dans cette zone ultra-protégée de Bamako pourrait être à l’origine de cette issue fatale.

Un climat de vigilance extrême dans la capitale

Cette tragédie s’inscrit dans un contexte de sécurité au Mali particulièrement tendu. Depuis les attaques coordonnées menées le 25 avril dernier par des groupes armés contre plusieurs localités, dont Bamako, les FAMa ont multiplié les check-points. Le secteur de l’ORTM, situé à proximité d’un grand complexe hôtelier, est devenu un point névralgique de ce dispositif.

Au sein de la population, l’émotion est palpable et les avis divergent. Si certains citoyens estiment que la rigueur militaire est nécessaire face aux menaces actuelles, d’autres, comme Seyba, un habitant de la capitale, déplorent la méthode employée. Pour lui, une neutralisation sans donner la mort aurait permis d’interroger les suspects et de comprendre leurs réelles intentions, même s’il s’agissait de terroristes présumés.

Actuellement, le dispositif de surveillance a été encore durci autour des sites sensibles, notamment les camps militaires et l’aéroport international de Bamako Senou, dont l’accès est désormais strictement limité au personnel aéroportuaire et aux passagers.