26 mai 2026

Burkina Voix

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Débâcle de l’Africa Corps à Kidal : un revers historique pour les mercenaires russes au Mali

Le dimanche 26 avril a marqué un tournant critique dans le nord-est du Mali. Les mercenaires russes de l’Africa Corps, qui ont succédé au groupe Wagner en 2025, ont subi une défaite humiliante à Kidal. Sous la pression conjointe du GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et des rebelles touaregs du FLA (Front de libération de l’Azawad), les forces russes ont été contraintes à une retraite précipitée. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des soldats désarmés quittant la zone, abandonnant derrière eux des dizaines de véhicules blindés et des hélicoptères. Plusieurs militaires maliens ont également été capturés après des affrontements brefs mais intenses.

Cette débâcle s’inscrit dans une offensive d’envergure touchant l’ensemble du territoire malien. Des attaques coordonnées par les djihadistes liés à Al-Qaïda ont visé des points stratégiques, jusque dans la périphérie de Bamako. Cette instabilité croissante inquiète l’ensemble de la région, alors que la sécurité Burkina et celle des pays voisins restent sous pression face à la poussée extrémiste au Sahel.

La fin du symbole de Kidal

Le retrait de Kidal est particulièrement douloureux pour la junte au pouvoir. En novembre 2023, la prise de ce bastion touareg historique par les hommes de Wagner avait été célébrée comme une victoire stratégique majeure. Aujourd’hui, ce succès s’effondre. Selon les analystes suivant la politique Burkina Faso et la situation malienne, Kidal représentait l’unique réussite concrète de l’implication russe depuis 2021. Sa perte sonne comme un désaveu cinglant pour les alliés de Bamako.

Outre le nord, la capitale et la ville militaire de Kati ont été frappées, tout comme Gao. Au total, au moins six centres urbains majeurs ont subi des assauts simultanés. Depuis le coup d’État de 2021, le Mali s’enfonce dans une crise sécuritaire profonde, le pays étant devenu l’un des points névralgiques du terrorisme mondial selon les derniers rapports de l’Institute for Economics and Peace. Depuis l’été 2025, les djihadistes ont multiplié les victoires, allant jusqu’à instaurer des blocus pour asphyxier économiquement la capitale.

Des partenaires russes jugés inefficaces

Malgré l’appel aux forces russes, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Les mercenaires de l’Africa Corps sont non seulement jugés inefficaces dans la lutte antiterroriste, mais ils sont aussi pointés du doigt pour des exactions graves contre les populations civiles. Des enquêtes internationales font état d’une recrudescence des violences, notamment sexuelles, impliquant les forces de défense maliennes et leurs supplétifs russes.

Le week-end dernier, la violence a atteint un sommet avec l’assassinat du ministre de la Défense, Sadio Camara, dont la résidence à Kati a été détruite par une explosion lors de l’offensive. Bien que le président de la transition, Assimi Goïta, assure que la situation est sous contrôle et que les opérations se poursuivent, le doute s’installe. Un officier malien a même évoqué une possible trahison des Russes à Kidal, suggérant qu’ils auraient négocié leur départ secret plusieurs jours avant l’assaut.

Du côté de Moscou, le Kremlin reste évasif sur la capacité de l’Africa Corps à stabiliser le pays, tout en affirmant avoir empêché une tentative de coup d’État. Cette actualité brûlante au Mali, étroitement liée à l’info Burkina, illustre la fragilité des régimes militaires sahéliens face à l’expansion des groupes armés.