10 mai 2026

Crise humanitaire en afrique de l’ouest et du centre : l’ONU lance un appel urgent de 5,1 milliards de dollars

crise humanitaire en afrique de l’ouest et du centre : l’ONU lance un appel urgent de 5,1 milliards de dollars

En afrique de l’ouest et du centre, plus de 24 millions de personnes vulnérables risquent de sombrer dans une précarité extrême en 2026. Pour éviter une aggravation de la situation, l’organisation des nations unies et ses partenaires lancent un appel à mobilisation de 5,1 milliards de dollars dans le cadre de l’appel humanitaire mondial de 33 milliards de dollars.

une crise humanitaire qui s’aggrave

Selon les dernières estimations, 42 millions de personnes vivant au Burkina Faso, Cameroun, Mali, Niger, Nigeria, République centrafricaine, République démocratique du Congo et Tchad auront besoin d’une assistance vitale pour survivre et préserver leur sécurité. Les chiffres sont alarmants : sans ressources immédiates, les familles seront exposées à une hausse de la malnutrition, des déplacements forcés et une insécurité accrue.

Charles Bernimolin, Chef du Bureau régional d’OCHA pour l’afrique de l’ouest et du centre, met en garde : « la souffrance humaine ne doit pas être ignorée. Les familles, en particulier les femmes et les enfants, risquent de subir des violences et des privations extrêmes si des mesures concrètes ne sont pas prises rapidement. »

des conflits et catastrophes en cascade

La crise en afrique de l’ouest et du centre est exacerbée par plusieurs facteurs :

  • l’insécurité au Sahel central (Burkina Faso, Mali, Niger) qui s’étend désormais au Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo et Mauritanie ;
  • les violences persistantes dans le bassin du lac Tchad et le conflit au Soudan ;
  • les catastrophes climatiques, comme les inondations dévastatrices de 2025 qui ont touché plus de 2 millions de personnes dans 12 pays, ravageant les cultures et détruisant les infrastructures essentielles.

Résultat : 12,7 millions de déplacés internes et 3,7 millions de réfugiés errent dans la région, dont une majorité de femmes et d’enfants. Ces populations, souvent déplacées à plusieurs reprises, sont particulièrement exposées à la violence basée sur le genre et à l’exploitation, avec des cas alarmants de viols et de transactions sexuelles de survie.

La République démocratique du Congo a été particulièrement touchée par les inondations, avec plus de 830 000 personnes affectées.

des coupes budgétaires aux conséquences dramatiques

Malgré les efforts des donateurs en 2025, l’OCHA révèle un déficit de financement criant : seulement 24 % des 7,8 milliards de dollars nécessaires ont été collectés. Cette pénurie a forcé les acteurs humanitaires à réduire drastiquement leurs interventions.

Les conséquences sont désastreuses :

  • en République centrafricaine, le nombre de bénéficiaires d’une aide en espèces a chuté de 75 %, privant des milliers de familles de moyens de survie ;
  • en République démocratique du Congo, 85 % des personnes ciblées pour une aide en abri n’ont reçu aucun soutien, alors que les déplacements massifs se poursuivent.

Malgré ces obstacles, les partenaires humanitaires maintiennent leurs engagements. D’ici la fin de 2025, ils auront apporté une assistance à 19 millions de personnes. Cependant, des millions d’autres restent sans aide, faute de financements suffisants.

Les agences humanitaires insistent : « sans une mobilisation urgente des ressources, la situation ne fera qu’empirer, plongeant des millions de personnes dans une précarité encore plus profonde. »