5 mai 2026

Crise humanitaire à Bamako après démolition du marché de Faladiè

Démolition du marché de Faladiè à Bamako : des centaines de déplacés livrés à eux-mêmes

Le marché à bétail de Faladiè, situé en périphérie de Bamako, a été entièrement rasé par des engins de chantier. Ce site abritait non seulement une activité commerciale majeure, mais aussi un camp informel de déplacés internes, contraignant plus de 300 familles à se retrouver sans abri du jour au lendemain.

Situation humanitaire critique après la démolition du marché de Faladiè au Mali

Un camp de déplacés rasé sans solution de relogement

Cette opération de démolition, survenue en avril 2026, s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu au Mali. Les autorités avaient pris en septembre 2024 la décision controversée de déplacer plusieurs marchés à bétail de Bamako, suspectés d’abriter des éléments djihadistes après des attaques ciblant des infrastructures militaires.

Pourtant, le marché de Faladiè abritait également un camp de déplacés internes, principalement des familles venues du centre du pays fuyant les violences. Plus de 2 000 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants, se retrouvent désormais sans toit ni ressources. Les aides humanitaires, autrefois présentes sur place, ont été interrompues par la destruction du site.

Témoignage d’une mère de famille déplacée

Dado, 40 ans, originaire de Bankass au centre du Mali, raconte :

« Nous avons quitté notre village il y a six ans à cause de la guerre. Nous pensions être en sécurité à Bamako. Nous sommes sept dans la famille : ma mère, mes deux filles et mes trois garçons. »

Elle ajoute : « Avant, nous ramassions des déchets et des restes alimentaires pour les revendre aux éleveurs. Aujourd’hui, nous manquons de tout : d’eau, de nourriture, mais surtout d’un toit. Sans abri, une personne ne peut même pas envisager de reconstruire sa vie. »

Sanankoroba : un site de relocalisation jugé inefficace

Les autorités maliennes avaient prévu de reloger les déplacés vers Sanankoroba, à 35 km de Bamako, où un site aménagé par l’État devait les accueillir. Pourtant, selon plusieurs témoignages, ce site présente de graves lacunes : manque d’infrastructures, absence d’accès à l’eau potable et à l’électricité.

Dado supplie : « Nous acceptons de partir, mais nous demandons une solution viable. Sans cela, nous sommes condamnés à errer dans les rues. »

Le camp de Faladiè, établi en 2019, bénéficiait autrefois de l’accompagnement d’organisations humanitaires locales et internationales. La Direction nationale du développement social n’a pas encore communiqué de mesures concrètes pour répondre à cette crise humanitaire.

Une urgence humanitaire qui s’aggrave

Cette situation illustre les défis croissants auxquels fait face le Mali dans la gestion des déplacés internes. Avec plus de 400 000 personnes déplacées dans le pays, les besoins en hébergement, en nourriture et en soins restent immenses. La destruction du camp de Faladiè ne fait qu’aggraver une crise déjà critique.

Les associations locales appellent à une intervention rapide des autorités et des partenaires internationaux pour éviter une catastrophe humanitaire supplémentaire.