17 juin 2026

Burkina Voix

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Côte d’Ivoire et Ghana : un nouveau cap pour le cacao durable

Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont coprésidé, au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau, le sommet de haut niveau sur l’« initiative cacao » entre les deux pays. Cette réunion a permis aux deux chefs d’État de prendre « des décisions structurantes pour bâtir une économie cacaoyère plus juste, plus forte et plus durable dans l’intérêt des producteurs, des économies des deux pays et du continent africain, à travers, notamment, l’harmonisation des politiques de prix bord champ, le renforcement de la création de valeur ajoutée et l’élargissement de cette initiative stratégique à d’autres pays africains », a indiqué la présidence ivoirienne sur son compte X.

La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui sont les premiers producteurs mondiaux de cacao, réaffirment ainsi leur volonté commune de défendre les intérêts de leurs planteurs et de construire ensemble un avenir plus prospère et plus durable pour la filière cacaoyère africaine, a ajouté la même source.

Sur son compte X, le chef de l’exécutif ivoirien a exprimé sa satisfaction et salué l’importance des décisions arrêtées. « Le sommet de haut niveau sur l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, tenu en présence de mon frère et ami, le président @JDMahama, témoigne de la solidité des liens d’amitié, de fraternité et de coopération qui unissent nos deux nations au service du développement de l’Afrique », a-t-il écrit.

Le planteur au cœur des préoccupations

Lors de son discours d’ouverture, Alassane Ouattara a rappelé que le cacao représente un enjeu majeur pour la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des politiques de développement des deux pays. C’est également un enjeu social et de souveraineté, d’autant que cette filière – dont la Côte d’Ivoire et le Ghana fournissent 60 % de la production mondiale et l’Afrique 80 % – fait vivre des millions de personnes.

« Au cœur de cette filière, il y a un acteur essentiel. Le planteur. C’est lui, par son travail quotidien, qui nourrit l’industrie mondiale du chocolat. C’est lui qui donne à cette filière sa force, sa légitimité, son avenir. Le planteur doit donc demeurer au centre de toutes nos décisions », a déclaré le président ivoirien.

Les avancées depuis la déclaration d’Abidjan

Alassane Ouattara s’est également félicité du chemin parcouru depuis le 26 mars 2018, date à laquelle la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé de conjuguer leurs efforts à travers la Déclaration d’Abidjan. Cette initiative visait à peser sur les cours du cacao. « La mise en place d’un différentiel de revenus décent a permis d’améliorer les rémunérations de nos planteurs et de prouver qu’une action concertée de nos deux États pouvait peser favorablement sur la formation des cours mondiaux », a-t-il souligné.

Le chef de l’État ivoirien a aussi évoqué les défis persistants : volatilité des prix, changements climatiques, vieillissement du verger, maladies du cacao, pression de l’orpaillage illégal sur le foncier, sans oublier l’émergence de produits de substitution et les normes internationales, notamment européennes, en matière de durabilité.

De son côté, le président John Dramani Mahama s’est réjoui du succès de la coopération ivoiro-ghanéenne sur le cacao. Il a exprimé son espoir de lendemains meilleurs, indiquant que la volonté des deux parties est de « donner le pouvoir aux planteurs et de leur donner tous les éléments pour continuer à produire ».

Selon le chef de l’État ghanéen, les parties s’engagent à échanger et à implémenter les bonnes pratiques de part et d’autre, à injecter davantage de financements dans la filière. John Dramani Mahama a également souligné la nécessité pour la Côte d’Ivoire et le Ghana d’entraîner les autres pays producteurs du continent dans une politique de présence significative et continue sur le marché global.