Face à l’escalade des opérations djihadistes dans l’espace sahélien, la Côte d’Ivoire réaffirme l’urgence d’une mobilisation collective. Le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a souligné la nécessité d’une approche unifiée :
« Le terrorisme, dans sa configuration actuelle, ne saurait être combattu par un pays isolé. Une mise en commun des ressources et une coordination entre les États concernés s’imposent. »
Cet appel à la solidarité constitue un signal fort à l’adresse de Ouagadougou et de Bamako, où la menace terroriste ne cesse de croître.
Le Burkina Faso à un tournant décisif
Malgré les discours souverainistes et les initiatives nationales, le Burkina Faso éprouve des difficultés à endiguer la violence djihadiste. Les attaques se succèdent, le contrôle territorial demeure fragile et les civils subissent de lourdes pertes. Pour le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la transition burkinabè, la conjoncture impose un choix stratégique majeur.
La persistance de l’insécurité devrait, selon plusieurs observateurs, l’inciter à dépasser les rivalités politiques et les considérations personnelles pour s’inscrire résolument dans cette démarche collective. La protection des populations passe désormais par une rupture avec l’isolement diplomatique.
Les trois axes de la proposition ivoirienne
Fort de sa stabilité relative et de ses moyens logistiques, Abidjan propose un cadre de coopération articulé autour de trois priorités :
- Le partage de renseignements : surveiller les déplacements des groupes armés le long des frontières poreuses.
- La mutualisation des capacités : organiser des opérations conjointes pour empêcher les terroristes de se replier d’un côté à l’autre.
- La sécurisation des voies économiques : assurer la libre circulation des biens essentiels aux économies des pays de l’hinterland.
Un test politique pour l’Alliance des États du Sahel
Cette main tendue constitue un défi de taille pour l’Alliance des États du Sahel (AES). Si le Mali et le Burkina Faso ont réorienté leurs partenariats internationaux, la réalité géographique demeure : la Côte d’Ivoire reste un allié naturel et incontournable.
Pour le capitaine Ibrahim Traoré, accepter cette collaboration ne signifierait pas une faiblesse, mais bien une maturité politique et un sens des responsabilités envers ses compatriotes. Face à un adversaire diffus et mobile, la désunion équivaut à une condamnation ; seule une réponse coordonnée peut restaurer la paix dans la sous-région.
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