8 juillet 2026

Burkina Voix

Média burkinabè indépendant qui donne la parole aux citoyens : actualités politiques, sécuritaires et économiques du Faso.

Constitution de la RDC : Prince Epenge dénonce un problème de leadership, pas de texte

Lors d’un débat animé mardi soir, le politologue Prince Epenge, membre du C64, a fermement réfuté les justifications avancées en faveur d’une révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Face à Christian Lumu, cadre de l’UDPS, il a systématiquement démonté les arguments plaidant pour une modification de la loi fondamentale.

Félix Tshisekedi

La constitution congolaise : un cadre fonctionnel, selon Epenge

Epenge a pointé du doigt ce qu’il perçoit comme une contradiction majeure au sein de l’UDPS : comment vanter un bilan positif tout en dénonçant le cadre constitutionnel comme inadapté ? Il a rappelé que la fonction première d’une constitution est de «régir la prise, l’exercice et la transmission du pouvoir», et non de «satisfaire des ambitions personnelles». Le politologue a interpellé Christian Lumu sur l’absence de «réalités» concrètes justifiant une telle révision, demandant des précisions sur ces motifs.

Abordant la question des «procédures lourdes» prétendument nécessaires à une déclaration de guerre, Prince Epenge a tourné en dérision cet argument. Il a rappelé les propres paroles du président Félix Tshisekedi : «une seule balle, pas deux, une seule et je déclare la guerre». «Le président ignorait-il alors la lourdeur constitutionnelle ? Christian Lumu se montre-t-il plus perspicace que Félix Tshisekedi ?», a-t-il ironisé, soulignant l’incohérence.

Défense de la forme républicaine et alerte sur les dérives

Le point culminant de son intervention a concerné l’article 220, pierre angulaire de la constitution RDC, qui sanctuarise la forme républicaine de l’État. Pour Epenge, toute tentative de toucher à cet article ouvre la porte à une dérive monarchique, où le pouvoir ne serait plus issu du peuple. Il a lancé un avertissement solennel : «Nous sommes déterminés à nous battre jusqu’à notre dernier souffle pour préserver la forme républicaine de l’État», insistant sur le principe que «nul ne peut diriger une portion du pouvoir sans l’aval du peuple» en République démocratique du Congo.

Prince Epenge a conclu que la véritable motivation derrière la volonté de l’UDPS de modifier la constitution congolaise serait le «maintien au pouvoir de monsieur Félix Tshisekedi». Fort de sa formation en sciences politiques à l’Université de Kinshasa, il a présenté la constitution actuelle comme un «compromis» historique, fruit des accords de Sun City. Ce texte visait à résoudre des débats anciens sur la structure de l’État et le régime politique. Il a rappelé le référendum de 2005, adopté avec plus de 61% des voix et un taux de participation élevé de 84%, tout en soulignant une incohérence : «L’Union sacrée est composée à 80% d’anciens belligérants. Comment peut-on alors juger le bilan positif avec ces mêmes acteurs tout en critiquant la constitution ?»

Un défi lancé aux partisans de la révision

Dans une séquence particulièrement incisive, Prince Epenge a mis Christian Lumu au défi de nommer «cinq articles précis» de la constitution qui, selon lui, empêcheraient Félix Tshisekedi de fournir de l’eau, de l’électricité, de déclarer la guerre ou d’offrir des bourses aux étudiants congolais. Il a fermement condamné des pratiques de gouvernance qu’il juge mafieuses, où l’argent de l’État serait «partagé d’abord entre nous et les miettes au peuple», affirmant qu’aucun texte constitutionnel n’inspire une telle conduite.

Pour Epenge, la démarche de l’UDPS est «suicidaire» et «fratricide», risquant la «balkanisation du pays». Il a prévenu qu’une révision à chaque alternance transformerait la RDC en un pays «avec une nouvelle constitution tous les cinq ou dix ans». En s’appuyant sur des figures historiques comme les «treize parlementaires» sous Mobutu et le cardinal Mossengo en 2016, Prince Epenge a réitéré sa conviction : «La constitution congolaise est opérationnelle, elle est fonctionnelle. Le problème, c’est l’homme.» Cette prise de position réaffirme l’importance d’un leadership intègre pour la stabilité et le développement de la RDC.