15 juin 2026

Burkina Voix

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Conséquences de la fermeture de la frontière Bénin-Niger : les opérateurs économiques à bout de souffle

Le blocage prolongé de la zone frontalière entre le Bénin et le Niger, instauré après le changement de régime en juillet 2023, continue de paralyser des pans entiers de l’économie nigérienne. Face à cette situation inédite, les acteurs du secteur privé et les professionnels du transport tentent de maintenir la tête hors de l’eau, malgré des pertes financières colossales.

Le Nigeria, une solution de secours onéreuse

Historiquement, l’axe passant par le Bénin constituait le poumon logistique du Niger. Sa mise à l’arrêt a forcé les importateurs à se réorienter vers le Nigeria. Toutefois, ce trajet alternatif s’avère bien plus complexe, parsemé de risques et surtout beaucoup plus coûteux pour les entreprises.

Yacouba Dan Maradi, un opérateur économique local, témoigne de la dureté de cette période : « Nous avons subi des répercussions sur tous les fronts : émotionnel, commercial et financier. C’est une épreuve particulièrement pénible. Si le passage par le Nigeria a permis de temporiser, l’opération restait risquée, notamment sur le plan monétaire. Nous espérons désormais que cette phase est derrière nous. »

Longue file de camions au poste-frontière fermé avec le Niger (Malanville)

Le secteur du transport d’hydrocarbures en plein marasme

Les transporteurs de produits pétroliers figurent parmi les premières victimes de ce ralentissement. L’allongement des durées de trajet a littéralement réduit à néant la rentabilité de leurs rotations.

Mody Hassane, secrétaire général du syndicat des transporteurs d’hydrocarbures, souligne l’ampleur du désastre pour les chauffeurs. Selon lui, le rythme des livraisons a chuté de manière vertigineuse. « Auparavant, nous pouvions effectuer deux à trois rotations mensuelles. Aujourd’hui, un seul voyage peut s’étendre sur deux ou trois mois. Dans ces conditions, on ne parle plus de bénéfices, mais de pertes sèches », déplore-t-il.

L’augmentation généralisée des frais logistiques et le freinage brutal des échanges commerciaux maintiennent l’économie du Niger sous haute tension. Les acteurs du marché appellent désormais de leurs vœux une stabilisation définitive de la situation avec le Bénin, condition indispensable pour une reprise fluide du trafic de marchandises et un retour à la normale.