Dans une déclaration officielle qui constitue un tournant politique majeur, le chef de l’État burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a abordé la question des citoyens en situation d’exil. Le message présidentiel est sans équivoque : la patrie reste ouverte à tous ses enfants, mais l’impunité ne sera pas concédée.
Le président du Faso s’est dit disposé à accueillir les Burkinabè vivant à l’étranger, y compris ceux ayant quitté le pays en raison de leur implication présumée dans des actes répréhensibles ou des dossiers sensibles. Cependant, cette main tendue est assortie d’une condition impérative : le strict respect des procédures judiciaires en cours ou à venir.
La patrie accueille, la justice tranche
Le capitaine Ibrahim Traoré a tenu à dissiper toute ambiguïté quant au rôle du pouvoir exécutif dans les affaires judiciaires nationales. Le retour volontaire d’un exilé sur le sol burkinabè n’équivaut en aucun cas à une amnistie automatique ni à une suspension des poursuites.
« Le retour ne vous dispense pas de répondre devant la justice », indique-t-on au sommet de l’État.
Le chef de la Transition a fermement réaffirmé son engagement à respecter le principe de séparation des pouvoirs, précisant qu’aucune instruction ne sera donnée à l’appareil judiciaire pour entraver, annuler ou abandonner les charges pesant sur quiconque.
Une démarche entre cohésion nationale et rigueur républicaine
Cette position des autorités de la Transition s’inscrit dans une double logique :
- Favoriser la cohésion nationale : en n’excluant aucun citoyen du territoire républicain et en permettant à ceux qui le souhaitent de rentrer.
- Consolider l’État de droit : en rappelant que la loi s’applique de manière identique à tous les citoyens, indépendamment de leur statut ou de leur parcours politique et social.
Pour les observateurs de la scène politique burkinabè, cette clarification officielle place les exilés face à leurs responsabilités. Ceux qui choisiront de rentrer devront assumer leurs actes passés devant les tribunaux compétents, dans le cadre d’un processus que le gouvernement promet indépendant.
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