Les outils d’intelligence artificielle, nouvelle arme des terroristes de Boko Haram
Une enquête menée par l’Université de Cambridge révèle que le groupe terroriste Boko Haram exploite désormais six plateformes d’intelligence artificielle, principalement américaines et chinoises, pour planifier et exécuter ses attaques. Selon cette étude publiée en 2026, ChatGPT, Claude, Gemini, Grok, Meta AI et DeepSeek sont utilisés pour concevoir des explosifs, optimiser les opérations militaires et contourner les mesures de sécurité.
Des cellules spécialisées dans l’IA au sein de Boko Haram
Depuis 2023, Boko Haram a mis en place des unités dédiées à l’intelligence artificielle, composées de combattants formés pour exploiter ces technologies. Ces cellules, équipées d’abonnements payants aux différentes plateformes, répondent aux demandes des combattants sur le terrain. L’étude de Cambridge s’appuie sur 57 entretiens avec d’anciens membres du groupe et des spécialistes techniques, couvrant la période de 2023 à mi-2025.
Les terroristes ont bénéficié de formations dispensées par des cadres de l’État islamique, leur apprenant à contourner les safeguards des chatbots grâce à des techniques de jailbreaking. Ces sessions, organisées en présentiel et à distance, incluaient l’utilisation de VPN et de logiciels de chiffrement pour échapper aux contrôles.
Une faille majeure dans la lutte contre le terrorisme
L’absence de coordination entre les géants technologiques
La principale vulnérabilité exploitée par Boko Haram réside dans l’absence de collaboration entre les éditeurs américains et chinois. Aucune plateforme ne partage d’informations sur les utilisateurs malveillants, permettant aux terroristes de naviguer librement entre les services. Une analyse de Tech Against Terrorism, soutenue par l’ONU, a testé 27 modèles d’IA avec 2 300 requêtes liées à des scénarios terroristes. Résultat : 32 % des demandes ont fourni des réponses exploitables, un chiffre qui monte à 42 % lorsque les questions sont reformulées pour préciser les objectifs.
La rivalité géopolitique entre les États-Unis et la Chine empêche toute harmonisation des normes de sécurité. Chaque acteur développe ses propres protections, créant des failles que les groupes organisés exploitent sans difficulté.
DeepSeek, l’outil chinois qui change la donne
Un accès moins surveillé et plus accessible
L’intégration de DeepSeek dans l’arsenal technologique de Boko Haram marque un tournant. Moins scrutée par les autorités occidentales, cette plateforme chinoise offre une alternative lorsque les blocages américains deviennent trop stricts. Les terroristes alternent entre les différentes plateformes pour éviter les restrictions, profitant des différences de modération entre les écosystèmes.
Grâce à l’IA, Boko Haram a radicalement optimisé ses tactiques militaires. Le groupe réduit désormais le nombre de combattants engagés par opération, passant de 200 à seulement 20, tout en améliorant l’efficacité des attaques coordonnées. Les modèles d’IA fournissent des analyses tactiques, des plans de repli et des optimisations logistiques, rendant les opérations plus précises et moins risquées.
Souveraineté technologique et enjeux sécuritaires
L’implication de DeepSeek soulève des questions cruciales sur la souveraineté numérique. La Chine, en développant son propre écosystème d’IA, échappe partiellement aux régulations occidentales. Pour les services de renseignement, cette fragmentation complique la surveillance des communications terroristes. Les groupes djihadistes exploitent ces zones grises pour accéder à des capacités technologiques sans contrôle centralisé.
En 2025, une hausse des incidents impliquant l’IA a été observée dans plusieurs pays, dont les États-Unis, le Canada, Israël, la Finlande, la France et l’Autriche. La diffusion transnationale de ces méthodes menace directement la sécurité des États occidentaux, mettant en lumière l’urgence d’une coopération internationale renforcée.
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