26 mai 2026

Burkina Voix

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Bénin : à lobogo, l’heure de vérité pour Paul Hounkpè avant le vote final

À deux jours de l’échéance électorale, le village de Lobogo, situé dans la commune de Bopa, devient le théâtre d’une bataille symbolique. Ce bastion historique de Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), se transforme en un terrain de mobilisation intense à l’approche du scrutin du 12 avril.

Un village sous les couleurs de la « Cauris »

La poussière des routes de Lobogo se mêle aux slogans politiques dans un air chargé d’émotion. Chaque ruelle, chaque mur semblent refléter l’attachement des habitants à la candidature de Paul Hounkpè, figure incontournable de l’opposition modérée. Alors que la campagne électorale touche à sa fin, ses partisans redoublent d’efforts pour organiser des meetings de proximité avant l’entrée en vigueur du silence électoral, prévu pour vendredi à minuit.

« L’enfant du pays » face à l’épreuve de la légitimité

Pour les militants locaux, Paul Hounkpè n’est pas qu’un candidat : il est l’enfant du pays, ancien maire de Bopa, dont la légitimité repose sur une connaissance intime des réalités locales. « Il a résolu nos problèmes, il connaît nos besoins », déclare un jeune militant, foulard vert au cou, sous le regard approbateur des aînés.

Pourtant, cette élection s’annonce comme un défi inédit. Les FCBE, divisés depuis le rejet de la candidature du parti Les Démocrates, doivent désormais compter sur Hounkpè pour incarner une alternative crédible face à Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir.

Abstention et désillusion : les ombres du scrutin

À Lobogo, le débat sur la crédibilité de l’opposition modérée agite les esprits. Si les militants FCBE s’activent pour mobiliser, une frange de la population reste sceptique, voire indifférente. « Nous voterons pour Paul, car il est des nôtres, mais le cœur n’y est pas entièrement », confie un sage du village, assis sous l’ombre épaisse d’un iroko. « Tous les enfants du Bénin ne sont pas en lice, et cela pèse sur notre décision. »

Pour Hounkpè, l’enjeu est double : capitaliser sur sa popularité locale tout en contrant l’appel au boycott ou l’apathie d’une partie de l’électorat.

Une campagne à deux vitesses : terrain contre machines électorales

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de Lobogo, la campagne de Romuald Wadagni bat son plein. Le candidat du pouvoir mise sur des moyens logistiques et financiers colossaux, mettant en avant un bilan décennal. Face à cette puissance, Paul Hounkpè parie sur une stratégie de proximité, privilégiant le contact humain et les échanges directs avec les électeurs.

Les réunions de campagne se prolongent tard dans la nuit. Vendredi, à minuit, les haut-parleurs s’éteindront, marquant l’entrée en vigueur du silence électoral. Pour Hounkpè, le résultat de Lobogo sera déterminant : un score écrasant dans son fief lui permettrait de rivaliser avec Wadagni et de démontrer que les FCBE restent, malgré les divisions, la principale force structurée de l’opposition béninoise.

Dimanche, à 7 heures, les bureaux de vote ouvriront leurs portes. Lobogo sera alors sous les projecteurs : ce village pourrait bien révéler les tendances d’une opposition en quête de survie dans les urnes.