10 juin 2026

Burkina Voix

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Autochtonie et allochtonie : un débat stérile qui fragilise l’unité nationale

La question de l’autochtonie et de l’allochtonie au Cameroun divise souvent les débats publics, comme si ces concepts déterminaient les droits des citoyens. Pourtant, la Constitution camerounaise est claire : l’égalité juridique prime sur toute considération d’origine géographique ou ethnique. Les droits d’un individu découlent de sa citoyenneté, et non de son statut d’autochtone ou d’allochtone.

L’autochtonie, une identité culturelle, pas un privilège juridique

Contrairement aux idées reçues, l’autochtonie n’est pas un droit, mais une reconnaissance culturelle liée à l’appartenance historique à un territoire. Un Camerounais peut être autochtone dans sa région d’origine, mais ce statut ne lui confère aucun avantage juridique au-delà de la préservation de son patrimoine culturel. La citoyenneté, elle, garantit des droits inaliénables sur tout le territoire national.

Être Camerounais, c’est être chez soi partout au Cameroun

L’idée selon laquelle un individu ne serait pas « chez lui » dans une région qui n’est pas la sienne est une construction sociale dangereuse. La loi camerounaise ne fait aucune distinction entre autochtones et allochtones en termes de droits fondamentaux. Que l’on soit originaire de Douala, Bafoussam ou Maroua, chaque citoyen a le droit de s’installer, de travailler et de participer à la vie politique où il le souhaite, dans le respect des lois en vigueur.

Les exceptions qui confirment la règle

Seules deux fonctions administratives sont réservées aux autochtones : le poste de maire dans certaines communes et celui de président de Conseil régional. Tous les autres mandats électifs – députés, conseillers municipaux, sénateurs – sont accessibles à tous les Camerounais, sans condition d’autochtonie. Cette mesure vise à préserver l’équilibre local, mais elle ne saurait justifier une exclusion systématique des allochtones.

L’unité nationale prime sur les divisions identitaires

Le débat sur l’autochtonie et l’allochtonie est un leurre. Il détourne l’attention des défis réels du Cameroun : l’éducation, l’emploi, la sécurité et le développement économique. Plutôt que de s’enfermer dans des querelles stériles, les Camerounais doivent privilégier la cohésion nationale et la construction d’un avenir commun.

L’autochtonie et l’allochtonie ne doivent pas être des outils de division, mais des réalités culturelles à intégrer dans une République unie. C’est dans la diversité que réside la force du Cameroun, à condition que cette diversité serve l’intérêt général, et non des intérêts partisans.

Oscar Njiki