Ancien ministre de la Communication et figure emblématique du paysage médiatique ivoirien, Auguste Miremont, aujourd’hui âgé de 85 ans, se confie sur des décennies de vie politique nationale. À l’occasion de la parution d’un ouvrage retraçant son parcours, ce témoin privilégié de l’histoire de la Côte d’Ivoire livre une analyse dense et sans concession sur l’évolution du pays, de l’ère du premier président jusqu’à l’actuelle gouvernance.
Un témoignage pour la postérité
Après avoir longtemps privilégié la discrétion, Auguste Miremont a finalement accepté de se prêter au jeu des confidences. Pour lui, cet exercice ne relève pas de la glorification personnelle, mais d’un devoir de transmission envers les jeunes générations. Ayant traversé les étapes fondatrices de la nation, il estime nécessaire de laisser une trace écrite des événements qui ont façonné la Côte d’Ivoire moderne.
Ce projet, qui a nécessité de longs mois de travail et des dizaines d’heures d’entretiens, explore des sujets majeurs : les crises sous l’ère Houphouët-Boigny, les tensions liées à la succession présidentielle, les enjeux économiques et son engagement pour le développement local. Auguste Miremont y apporte son regard de journaliste et d’homme d’État, n’hésitant pas à reformuler et à préciser les faits pour coller à sa vérité historique.
Le traumatisme des ruptures institutionnelles
Le parcours politique ivoirien n’a pas été exempt de turbulences. Si la période sous le Président Houphouët-Boigny a été marquée par une stabilité certaine, elle a néanmoins connu des zones de turbulences que le « Vieux » savait apaiser grâce à son génie politique. Cependant, les années suivantes ont été plus sombres aux yeux de l’ancien ministre.
Le coup d’État de 1999 reste une blessure profonde pour celui qui dirigeait alors un groupe parlementaire majoritaire. Pour Auguste Miremont, voir l’image d’une Côte d’Ivoire stable et respectée s’effondrer a été une épreuve douloureuse. La période de violences qui a suivi, marquée par la disparition de figures politiques qu’il côtoyait, a terni le prestige d’un pays qui servait autrefois de modèle et de refuge pour toute la sous-région.
Alassane Ouattara, un héritier de la méthode houphouétiste
Interrogé sur les différents chefs d’État qu’il a connus, Auguste Miremont estime que le Président Alassane Ouattara est celui qui a le mieux assimilé la philosophie politique de Félix Houphouët-Boigny. Il souligne notamment son sens de l’écoute, sa patience et sa capacité à réagir avec justesse. Il note toutefois une évolution dans le tempérament de l’actuel chef de l’État : alors qu’il était d’une fermeté absolue lorsqu’il occupait la fonction de Premier ministre, il se montre aujourd’hui plus clément et mesuré, une transformation qu’il attribue à l’expérience du pouvoir et à la sagesse de l’âge.
L’ancien ministre exprime une admiration pour la ténacité de l’actuel président, rappelant les épreuves qu’il a dû surmonter. Il salue également les vastes chantiers de modernisation entrepris à travers le pays, citant les infrastructures routières, les centres de santé et les universités qui transforment le visage des régions, de Daloa jusqu’aux zones les plus reculées comme Bin-Houyé.
Défis sociaux et perspectives d’avenir
Malgré ces avancées structurelles, Auguste Miremont n’élude pas les difficultés quotidiennes des populations. Il reconnaît que la cherté de la vie et la pauvreté restent des réalités tangibles pour une partie de la classe sociale. Selon lui, le gouvernement semble conscient de ces déséquilibres et tente de les corriger par des programmes ciblés, tels que les filets sociaux ou l’initiative de « l’école de la deuxième chance » pour l’insertion des jeunes.
Concernant l’avenir politique et la question de la succession, l’ancien ministre préfère se concentrer sur l’action présente. Il constate que le président actuel maintient fermement le cap de son mandat, avec l’ambition de bâtir une Côte d’Ivoire unie et prospère. Pour ce sage de la vie publique, l’heure est au travail et à la consolidation des acquis plutôt qu’aux spéculations sur l’après-mandat.
Plus d'histoires
La présidence de l’Assemblée nationale, nouvelle étape du projet politique d’Ousmane Sonko
Le vfb stuttgart sécurise l’avenir de bilal el khannouss
Finale de la Ligue des champions : les meilleurs spots pour vivre PSG-Arsenal en Île-de-France