15 juillet 2026

Burkina Voix

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Au Sénégal, l’homosexualité sous haute tension : la fuite vers la France s’intensifie

au Sénégal, l’homosexualité sous haute tension : la fuite vers la France s’intensifie

Enquête Depuis le doublement des peines pour relations homosexuelles en mars 2026, les appels à l’aide en direction de la France se multiplient. familles déchirées, climat de terreur et recherche désespérée d’une issue.

Jusqu’à l’adoption de la loi en mars dernier, l’homosexualité, bien que massivement rejetée au Sénégal, bénéficiait d’une relative tolérance des forces de l’ordre.

« Je ne pouvais plus rester. Chaque jour, je vivais dans la peur d’être arrêté. » Chérif*, 28 ans, a fui le Sénégal début juin. Son crime ? Être homosexuel dans un pays où les relations entre personnes de même sexe sont désormais passibles de dix ans de prison. La loi, votée en mars dernier et portée par des figures politiques influentes, a transformé son quotidien en cauchemar éveillé.

Tout a basculé lorsque son partenaire a été arrêté. « Les médias parlaient d’un proche de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale. Ils évoquaient des arrestations massives. » Chérif a immédiatement effacé ses messages, supprimé ses photos, détruit toute trace de sa vie secrète. « Je savais que la police fouillerait son téléphone et y trouverait des preuves de notre relation. »

Au Sénégal, l’atmosphère est devenue irrespirable. Entre les discours de haine dans les rues, les débats télévisés et les réseaux sociaux en ébullition, « tout le monde parlait des homosexuels, comme s’ils représentaient une menace pour la société ». Chérif a perdu le soutien de sa famille, ses amis se sont éloignés. « On nous accuse de pervertir la jeunesse, de détruire les valeurs traditionnelles. Mais qui nous défend ? Personne. »

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Depuis l’adoption de la loi, les associations Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge ont vu affluer les demandes d’aide. « Les appels sont de plus en plus nombreux. Des personnes veulent fuir, mais les visas sont rares, les procédures longues. » Beaucoup se retrouvent piégés, sans ressources, dans l’attente d’une issue.

Un climat de terreur s’est installé. Les arrestations se multiplient, souvent basées sur des dénonciations anonymes ou des perquisitions ciblées. Les forces de l’ordre, autrefois tolérantes, appliquent désormais la loi sans discernement. « On ne peut plus faire confiance à personne. Même les voisins peuvent vous trahir. »