13 mai 2026

Associations suspendues au Burkina Faso pour lutte contre le terrorisme

Le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré. © Présidence du Faso

Depuis mi-avril, les autorités du Burkina Faso ont pris une mesure radicale en suspendant 811 associations et en dissolvant 118 autres. Cette décision, justifiée par le non-respect des obligations légales, s’inscrit dans le cadre d’une lutte accrue contre le financement du « terrorisme ».

Les associations concernées, dont les activités couvrent la santé, l’éducation, la promotion des femmes et du genre ou encore la religion, voient leurs activités gelées à partir du 12 mai 2026. Selon l’arrêté ministériel, seules les démarches visant à régulariser leur situation administrative sont désormais autorisées pendant cette période de suspension.

Une loi controversée pour encadrer les associations

Cette vague de suspensions s’appuie sur une loi promulguée en juillet 2025 par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce texte, qui réaffirme la liberté d’association tout en renforçant les contrôles, impose des obligations strictes de déclaration, de transparence et de conformité. En cas de manquement, les sanctions peuvent aller jusqu’à la dissolution des structures concernées.

Pour les autorités burkinabè, cette réforme vise trois objectifs principaux : renforcer la transparence des acteurs associatifs, cartographier précisément le paysage des ONG et associations, et enfin combattre efficacement le blanchiment d’argent ainsi que le financement des groupes armés.

Des accusations récurrentes contre les organisations internationales

Les associations et ONG bénéficiant de financements étrangers sont régulièrement pointées du doigt par le pouvoir en place. Elles sont accusées, sans preuve tangible, de collusion avec les groupes jihadistes ou d’espionnage. Une situation dénoncée en avril dernier par Human Rights Watch, qui a alerté sur le risque d’une répression systématique de la société civile au Burkina Faso.

Cette mesure s’ajoute à un contexte déjà tendu, marqué par une montée des tensions sécuritaires et une restriction progressive des libertés dans le pays.