30 mai 2026

Burkina Voix

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Affaire Pascal Tigri : les preuves d’une cavale organisée à travers le Niger

Alors que le lieutenant-colonel Pascal Tigri, cerveau présumé de la tentative de déstabilisation du 7 décembre 2025 au Bénin, demeure introuvable, les dénégations officielles de Niamey se heurtent à une réalité de plus en plus accablante. Des mouvements frontaliers suspects et des témoignages concordants mettent en lumière une stratégie de dissimulation orchestrée par les autorités nigériennes.

Des mouvements frontaliers qui trahissent Niamey

L’idée d’un Niger totalement étranger à la fuite de Pascal Tigri ne semble plus tenir face à l’analyse des faits. Des observateurs avertis confirment désormais la présence effective de l’officier béninois sur le territoire nigérien peu après les événements. Ce constat fragilise la version officielle et pointe du doigt des anomalies chronologiques que le régime de transition peine à justifier.

Un détail interpelle particulièrement : l’ouverture soudaine des frontières nigériennes la veille de la tentative de coup d’État au Bénin, suivie d’une fermeture précipitée dès le lendemain, une fois l’échec de l’opération confirmé. Cette synchronisation laisse peu de place au doute sur l’existence d’un corridor de repli sécurisé à travers le territoire nigérien.

Le Niger, première étape d’une exfiltration vers l’AES

Selon des informations de terrain, c’est précisément au Niger que Pascal Tigri a trouvé son premier sanctuaire pour organiser la suite de sa cavale après le fiasco de son opération. Si l’homme ne se trouverait plus actuellement sur le sol nigérien, sa trace mène directement vers d’autres pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Cette situation révèle, au minimum, une complaisance locale manifeste, voire une protection officieuse que Niamey tente aujourd’hui de masquer par des discours de façade. Malgré l’absence d’un soutien militaire direct affiché, la logistique mise en place pour accueillir le fugitif démontre une complicité de fait.

Un double jeu diplomatique qui menace la normalisation

Ces révélations surviennent dans un contexte de rapprochement diplomatique apparent. La présence du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, lors de l’investiture du nouveau président béninois Romuald Wadagni le 24 mai dernier, semblait marquer une volonté de pacifier les relations bilatérales.

Toutefois, la réalité du terrain vient contredire ces élans de fraternité. Alors que les autorités de Cotonou offrent une prime de 20 millions de francs CFA pour la capture de Pascal Tigri, le Niger se retrouve piégé par ses propres contradictions. Entre l’asile temporaire offert au militaire et les manœuvres suspectes aux frontières, la duplicité du régime nigérien fragilise sérieusement ce processus de normalisation.