16 juillet 2026

Burkina Voix

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Affaire du trafic d’or au Cameroun : me sikati dénonce les ministres « magiciens »

L’affaire du trafic d’or au Cameroun : Me Sikati pointe du doigt des ministres « magiciens »

Le membre du bureau politique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, Me Désiré Sikati, fustige les déclarations du ministre par intérim des Mines, qui minimisent l’ampleur du trafic aurifère dans le pays.

Armand Djaleu
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Un trafic d’or qui coûte cher au Cameroun

Lors d’une conférence de presse organisée à Yaoundé le 15 juillet 2026, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a catégoriquement nié toute disparition d’or appartenant directement aux réserves de l’État camerounais.

Cette prise de parole, effectuée en présence du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, visait à apaiser les tensions autour des allégations de pertes financières colossales, estimées à près de 2 000 milliards de FCFA, liées à des fraudes dans le secteur aurifère.

Le gouvernement camerounais insiste sur le fait que la situation actuelle n’est pas liée à un détournement de fonds publics, mais plutôt à une fraude massive à la déclaration orchestrée par des acteurs privés. Les entreprises minières, selon les autorités, sous-déclarent systématiquement les volumes d’or extraits.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

L’État camerounais subit de plein fouet les conséquences de cette opacité. L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a révélé un écart abyssal pour l’année 2023 : seulement 22 kg d’or ont été officiellement déclarés à l’exportation par le Cameroun, contre 15 tonnes enregistrées par les douanes des Émirats arabes unis.

La Société Nationale des Mines (Sonamines) estime quant à elle qu’environ 44 tonnes d’or ont échappé aux circuits légaux entre 2021 et 2025. Ces chiffres illustrent l’ampleur du trafic illégal qui sévit dans le pays.

Les réformes annoncées pour endiguer le phénomène

Face à cette situation critique, le Pr Fuh Calistus Gentry a annoncé une série de mesures immédiates pour assainir le secteur. Parmi elles, la mise en place d’une équipe permanente sur le terrain, associant la Sonamines, la Direction Générale des Impôts (DGI) et la Direction Générale des Douanes (DGD), ainsi que le recrutement d’un expert international chargé d’évaluer le potentiel réel des gisements et d’imposer une taxation minimale, indépendante des déclarations des exploitants.

La réaction acerbe de Me Sikati

Me Désiré Sikati, figure politique du MRC, n’a pas mâché ses mots lors de sa réaction. Dans un communiqué cinglant, il a qualifié certains ministres camerounais de « magiciens », soulignant leur capacité à faire disparaître des tonnes d’or du patrimoine national sans laisser de trace.

« Le ministre des Mines s’appelle Fuh Calistus. Il a été nommé pour succéder à Gabriel Dodo Ndoke, décédé dans des circonstances troubles et toujours non élucidées », a-t-il déclaré. Me Sikati a ironisé sur les propos du ministre, qui affirme qu’il n’y a pas de disparition d’or appartenant à l’État, tout en reconnaissant implicitement que d’autres types d’or ont bel et bien disparu.

« À qui appartient donc tout l’or dont la disparition a été révélée ? », s’interroge-t-il. Rappelant que le Code minier camerounais stipule clairement que le sous-sol et ses ressources appartiennent à l’État, il accuse les responsables actuels de ne pas servir l’intérêt national, mais leurs propres intérêts.

CERTAINS MINISTRES CAMEROUNAIS SONT DE VRAIS MAGICIENS

Le Ministre des mines du Cameroun s’appelle FUH CALISTUS.

Il a été désigné pour remplacer son prédécesseur Gabriel DODO NDOKE, décédé dans des conditions obscures et non élucidées à ce jour.

FUH CALISTUS a déclaré lors d’une conférence de PRESSE tenue hier que *« il n’y a pas de disparition d’or appartenant à l’Etat »*.

Pourtant le scandale du trafic d’or au Cameroun fait les choux gras de la presse nationale et internationale.

Notons que le ministre ne dit pas qu’il n’y a pas disparition de l’or.

Il dit plutôt implicitement que l’or qui appartient à l’Etat du Cameroun n’a pas disparu.

Et moi de lui poser la question suivante. À qui appartient donc tout l’or dont la disparition a été révélée ?

Je rappelle que d’après le Code minier du Cameroun, le sous sol minier et l’or qui s’y trouve appartiennent à l’Etat Camerounais.

Peut-être que le ministre considère, comme quelques esprits grégaires, que malgré les dispositions claires du Code minier, l’or du Cameroun appartient à certains particuliers.

En fait ils ne sont pas là pour le Cameroun. Ils sont là pour leurs intérêts.

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