25 août 2026

Burkina Voix

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Abidjan : les pays africains unissent leurs forces pour exploiter les minéraux critiques

Lors d’une conférence ministérielle tenue à Abidjan, les nations africaines productrices de minéraux stratégiques et leurs partenaires internationaux ont scellé une alliance inédite. Leur objectif ? Transformer les immenses ressources du continent en levier de croissance économique, d’autonomie industrielle et de progrès social. Au cœur des discussions : la valorisation locale des matières premières, le renforcement des financements dédiés au développement, et la construction de chaînes de valeur régionales adaptées à une demande mondiale en pleine mutation.

Cette rencontre, qui a réuni des ministres africains des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie et de l’Économie verte, ainsi que des représentants de l’Union africaine, de la Zone de libre-échange continentale africaine, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et de banques régionales, marque un tournant dans la gestion des ressources naturelles du continent.

Abidjan, capitale d’une nouvelle ère minière pour l’Afrique

Cette conférence s’est tenue dans un contexte où l’Afrique détient un atout majeur : près de 30 % des réserves mondiales de minéraux essentiels à la transition énergétique, comme le cobalt, le lithium, le graphite ou les terres rares. Une richesse estimée à 29 500 milliards de dollars, dont une grande partie reste encore inexploitée, représentant un potentiel colossal pour le développement du continent.

Les participants ont souligné l’urgence de passer d’un modèle d’exportation brute à une stratégie intégrée, combinant transformation locale, création d’emplois et infrastructures durables. Leur ambition ? Faire des ressources minières un pilier de l’industrialisation africaine et de la prospérité partagée.

Un appel à la refonte des partenariats et des financements

Le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a insisté sur la nécessité d’une réforme structurelle dans la gouvernance des ressources naturelles. « Cette conférence vise à opérer un changement radical dans la manière dont l’Afrique gère ses ressources, afin d’en tirer un bénéfice direct pour sa population », a-t-il déclaré.

Il a pointé du doigt le déséquilibre actuel des financements du développement : « Bien que l’Afrique compte plus de 100 institutions dédiées, leur impact cumulé ne représente que 1 % du bilan mondial. Il est temps de renforcer et de recapitaliser ces structures pour libérer le plein potentiel du continent. »

Pour lui, le développement d’infrastructures résilientes et l’émergence d’industries locales sont indispensables pour maximiser la valeur ajoutée des minéraux africains.

La Côte d’Ivoire mise sur ses réserves et sa vision ambitieuse

Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a rappelé que 75 % du territoire ivoirien recèle des minéraux critiques. Une richesse que le pays compte exploiter pour atteindre son objectif : devenir une nation à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.

Pour y parvenir, Abidjan a lancé un plan stratégique 2026-2040, doté d’un budget de 38 000 milliards de francs CFA, dont 88 % seront financés par le secteur privé. Ce programme s’articule autour d’une politique minière et énergétique intégrée, visant à créer des emplois et à stimuler l’innovation.

« Aucun pays africain ne peut réussir seul dans cette course », a-t-il affirmé. « Nous devons unir nos forces pour bâtir des chaînes de valeur régionales capables de répondre à la demande mondiale croissante. »

Une demande mondiale en explosion : une opportunité à saisir

La transition énergétique mondiale crée une demande explosive en minéraux stratégiques. D’ici 2040, les besoins en lithium pourraient augmenter de 842 %, ceux en métaux du groupe du platine de plus de 1 000 %, et ceux en cuivre de 88 %. Une dynamique qui pourrait faire passer la valeur de la chaîne de valeur des véhicules électriques et des batteries de 7 000 milliards de dollars en 2030 à 59 000 milliards en 2050.

Face à cette opportunité historique, les dirigeants africains ont réaffirmé leur détermination à rompre avec le modèle traditionnel d’exportation. Leur vision ? Faire des minéraux critiques un moteur d’industrialisation, de transformation économique et de développement durable pour l’ensemble du continent.