16 juin 2026

Burkina Voix

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À Gaya, les enfants apprennent que les droits ne sont pas réservés aux adultes

Dans la ville de Gaya, située dans le sud-ouest du Niger, un établissement scolaire initie les élèves à la connaissance de leurs droits. Un reportage réalisé pour la Journée de l’enfant africain.

Alors que la cloche marque la fin des cours, des jeunes âgés de 9 à 12 ans continuent d’échanger sur le sujet abordé dans les couloirs de l’école mission à Gaya. Quelques-unes de leurs réflexions :

« Avant cette leçon, je croyais que le droit, c’est pour les grands, comme conduire ou voter ».
« ​Oui, on a le droit d’être soigné quand on est malade et personne n’a le droit de nous faire du mal ».
« ​Les amis, on peut parler aussi, donc les parents et les instituteurs doivent nous écouter. Si on a besoin de quelque chose, on peut l’expliquer sans se faire gronder ».


Ce jour-là, l’enseignante a abordé le thème des droits de l’enfant pendant la leçon de morale. Une discipline singulière dont l’impact dépasse les murs de la salle.

Selon Aïssatou, l’institutrice, les retombées sont visibles dès la fin de la leçon : « La discussion se poursuit effectivement. J’ai constaté que les élèves étaient enthousiastes à l’idée de savoir qu’ils ont eux-mêmes des droits. Vous savez, les enfants apprennent beaucoup de choses au cours des leçons de morale. Ils assimilent et mettent en pratique tout ce qu’on leur apprend. »

Reportage audio sur la sensibilisation aux droits des enfants à Gaya

Transmettre des valeurs aux jeunes apprenants

L’enseignement des droits suit la méthode APC (approche par compétences), adaptée à chaque niveau, explique le conseiller Omar : « Dès la maternelle, nous initions l’enfant à ses droits via des contes et des chants. Il a droit à l’éducation, à la santé. Progressivement, jusqu’au secondaire, on introduit l’instruction civique et la morale. Au primaire, c’est uniquement la morale. Cela leur donne les bases des droits humains. »

Méconnaissance de leurs droits

Cependant, tous les enfants n’accèdent pas au secondaire. Certains abandonnent tôt et grandissent sans connaître leurs droits. Ainsi, un garçon de onze ans, rencontré dans la rue en train de collecter des bouteilles en plastique, a confié (hors micro) que « les droits sont pour les adultes ». Cela montre l’urgence d’étendre la formation aux droits en dehors des écoles.