12 juin 2026

Burkina Voix

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Verdict final pour l’ex-président Mohamed ould Abdel Aziz en Mauritanie

La haute juridiction mauritanienne a rendu sa décision finale concernant l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz. L’arrêt de la Cour d’appel de Nouakchott a été partiellement infirmé, mais les charges d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent ont été maintenues. La Cour d’appel avait précédemment écarté les accusations d’abus de pouvoir et de trafic d’influence, tout en confirmant la peine initialement prononcée.

Cette clôture de la procédure judiciaire pourrait ouvrir la voie à une éventuelle mesure de grâce présidentielle. Une telle initiative pourrait impliquer diverses composantes de la société mauritanienne, ainsi que le soutien potentiel de certains alliés de la Mauritanie sur la scène internationale.

Il est à noter que Mohamed ould Abdel Aziz et l’actuel président, Mohamed Cheikh Ghazouani, partagent une amitié de longue date, s’étendant sur quatre décennies. Ces officiers généraux à la retraite ont tous deux été formés au Maroc.

Maître Lô Gourmo, avocat du collectif de défense de l’État constitué partie civile, a précisé que « la Cour suprême a partiellement cassé l’arrêt de la Cour d’appel de Nouakchott en rejetant les chefs d’accusation d’abus de pouvoir et de trafic d’influence. Cependant, elle a validé les éléments fondamentaux du dossier, à savoir l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent et le recel, qui constituent les bases de la peine de 15 ans de prison ferme. »

L’avocat a également souligné qu’une condamnation pour abus de pouvoir ou trafic d’influence aurait renvoyé l’affaire aux fonctions de l’ancien président et aurait potentiellement impliqué l’application de l’article 93 de la loi fondamentale, relevant de la compétence de la Haute Juridiction, une option déjà écartée par le Conseil Constitutionnel.

De son côté, Mohamed Mahmoud Tolba, représentant de Mauritanie Transparency, a rappelé la position de son organisation. Il avait espéré un procès plus exhaustif, englobant toutes les personnalités impliquées dans le détournement de biens publics. Selon lui, bien que de nombreux responsables soient concernés par de telles pratiques de gouvernance, seul le cas de Mohamed ould Abdel Aziz a été traité. Malgré ces lacunes perçues, il exprime l’espoir que ce procès marque le début d’une nouvelle ère de transparence dans la gouvernance du pays.