25 août 2026

Burkina Voix

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Togo et Russie : une coopération militaire en pleine évolution

Togo et Russie : une coopération militaire en pleine évolution

Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.

Le Togo renforce ses alliances stratégiques face aux défis sécuritaires

Face à la montée des menaces terroristes dans la sous-région, Lomé a diversifié ses partenariats militaires. Entre soutien aérien turc et collaborations discrètes avec Moscou, le régime de Faure Gnassingbé mise sur des alliances inédites pour sécuriser son territoire.

Les défis sécuritaires au Sahel poussent les États de la région à repenser leurs alliances. Le Togo, souvent perçu comme un îlot de stabilité, multiplie les initiatives pour renforcer ses moyens de défense. Depuis 2024, des échanges discrets avec Moscou ont abouti à la présence de l’Africa Corps sur son sol. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser les frontières et contrer la propagation des groupes armés.

Des partenariats militaires diversifiés face à la menace terroriste

Depuis plusieurs années, le Togo fait face à des pressions croissantes liées à l’instabilité régionale. Pour y répondre, Lomé a établi des relations avec des acteurs variés. La Turquie, déjà engagée dans la modernisation des infrastructures militaires togolaises, a fourni un appui aérien significatif. Parallèlement, la Russie, via son Africa Corps, a proposé une assistance technique et logistique, marquant une évolution notable dans les partenariats du pays.

Ces collaborations ne sont pas anodines. Elles reflètent une volonté de diversifier les sources de soutien militaire, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des partenaires traditionnels. L’administration de Faure Gnassingbé mise sur cette approche pour renforcer la résilience du pays face aux menaces extérieures.

L’Africa Corps : un acteur émergent dans la coopération avec Lomé

L’arrivée de l’Africa Corps en 2025 a suscité des interrogations. Cette force russe, spécialisée dans les opérations en Afrique, apporte un savoir-faire en matière de formation et de soutien logistique. Les discussions entre les deux parties ont porté sur des entraînements communs et le partage d’expertises dans la lutte contre le terrorisme. Ces initiatives s’ajoutent aux efforts déjà engagés pour moderniser les forces togolaises.

Les autorités togolaises ont toujours nié toute présence de mercenaires sur leur territoire. Cependant, les observateurs soulignent que ces partenariats s’accompagnent parfois de la venue de conseillers et d’experts étrangers, contribuant à l’efficacité des opérations locales.

La Turquie, un partenaire historique renforcé

La coopération entre le Togo et la Turquie ne date pas d’hier. Depuis le début des années 2020, Ankara a joué un rôle clé dans la modernisation des capacités militaires togolaises. Des drones de surveillance aux formations des pilotes, les échanges se sont intensifiés. En 2024, un accord portant sur le soutien aérien a été signé, offrant à Lomé une couverture supplémentaire face aux groupes armés.

Cette alliance s’inscrit dans une dynamique plus large, où le Togo cherche à s’appuyer sur des partenaires capables de répondre rapidement à ses besoins. La Turquie, avec son expérience en matière de lutte antiterroriste, représente un atout majeur pour le pays.

Un équilibre délicat entre discrétion et transparence

Malgré ces avancées, Lomé reste prudent quant à l’étendue de ces collaborations. Les autorités évitent soigneusement toute médiatisation excessive, préférant une approche progressive. Pourtant, les signes d’une militarisation accrue du pays se multiplient. Des infrastructures dédiées à la défense ont été aménagées, tandis que des exercices conjoints avec les partenaires étrangers se sont multipliés.

Cette stratégie reflète une prise de conscience : la sécurité du Togo ne peut plus reposer uniquement sur des alliances traditionnelles. L’intégration de nouveaux acteurs, comme la Russie, s’impose comme une nécessité pour garantir la stabilité du pays à long terme.