Les relations entre Ouagadougou et Paris au plus bas : la rupture diplomatique consommée
Le Burkina Faso a choisi de tourner la page sur ses relations avec la France. Sous l’impulsion d’Ibrahim Traoré, chef de la junte militaire au pouvoir depuis 2022, Ouagadougou a annoncé officiellement la fin de sa coopération diplomatique avec Paris. Une décision radicale qui s’est traduite par des mesures immédiates et sans appel.
Tous les diplomates français présents au Burkina Faso ont quitté le territoire « en fin de semaine dernière », comme l’a confirmé le ministère français des Affaires étrangères. En réponse, les autorités burkinabè ont sommé leur représentant à Paris de quitter la France sous 48 heures. Une décision prise après la convocation, la semaine précédente, du chargé d’affaires burkinabè au Quai d’Orsay, où lui a été signifié que son personnel devait plier bagage avant minuit ce lundi.
Le ministère français des Affaires étrangères a réagi avec fermeté : « Nous déplorons cette décision infondée et hostile, qui reflète une dérive inquiétante des autorités locales. » Paris a rappelé avoir tiré les conséquences de ce geste, tout en démentant catégoriquement les accusations de soutien aux groupes terroristes, jugées « totalement infondées » par le Quai d’Orsay.
Un différend aux racines profondes
Depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré mène une politique souverainiste et anti-occidentale, ciblant particulièrement la France. Dès 2023, la junte avait exigé le départ de l’ambassadeur français, dénoncé les accords militaires avec Paris et mis fin à la présence des forces françaises engagées dans la lutte antiterroriste. Une décision qui avait marqué un tournant dans les relations bilatérales.
Les tensions se sont ensuite aggravées avec des accusations répétées de Paris d’« activisme hostile » contre les intérêts burkinabè. Le régime de Ouagadougou a choisi de se rapprocher de nouveaux partenaires, comme la Russie, la Turquie ou l’Iran, pour diversifier ses alliances et affaiblir l’influence française en Afrique de l’Ouest.
Un impact humain et sécuritaire majeur
Cette rupture diplomatique intervient dans un contexte déjà fragile. Le Burkina Faso est en proie à des attaques terroristes récurrentes depuis près de dix ans, et la junte au pouvoir justifie sa méfiance envers Paris par la nécessité de protéger sa souveraineté. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté les exactions commises contre les populations civiles au Sahel, » a déclaré le Quai d’Orsay, soulignant que la France reste pleinement engagée aux côtés des pays de la région.
Le ministère français a également appelé les ressortissants français sur place à une vigilance maximale, rappelant que plus de 2 000 Français sont inscrits au registre consulaire au Burkina Faso. De leur côté, plus de 6 000 Burkinabè résident en France, un chiffre qui souligne l’importance des liens humains malgré la crise politique.
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