26 mai 2026

Burkina Voix

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Tension politique au Tchad : des leaders de l’opposition interpellés

Neuf dirigeants de formations politiques, tous membres de la coalition d’opposition GCAP, ont été appréhendés quelques jours seulement avant une marche pacifique qu’ils comptaient organiser.

Vue d'ensemble d'une banderole sur laquelle on peut lire : "Je décide, le Tchad avance", de la commission nationale chargée d'organiser le référendum, à N'Djamena, le 13 décembre 2023

Au Tchad, les autorités justifient cette vague d’arrestations par l’application d’une décision de la Cour suprême rendue le vendredi 24 avril. Cet arrêté a dissous le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), une importante coalition de l’opposition, en déclarant ses activités illégales sur l’ensemble du territoire. Cette mesure a été prise alors que le GCAP avait appelé à une marche de protestation et d’indignation le 2 mai.

Pour le gouvernement, cette initiative représentait une manœuvre visant à troubler l’ordre public.

Abdel Nasser Garboa, porte-parole du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti au pouvoir, a commenté la situation. « En tant qu’être humain, lorsqu’on arrête quelqu’un, c’est toujours déplorable, surtout s’il s’agit de grandes personnalités et de personnes d’un certain âge », a-t-il concédé. Il a cependant ajouté : « Mais il faudrait aussi comprendre le gouvernement qui essaie tant bien que mal de mettre de l’ordre dans ce pays aux prises avec de nombreux défis. C’est vraiment déplorable que ces acteurs politiques, au lieu d’accompagner le gouvernement et d’être des forces de proposition, se positionnent plutôt comme des forces de troubles. Nous les appelons à plus de responsabilité dans les actions qu’ils mènent. »

Un recul pour la démocratie tchadienne

Cette position est loin de faire l’unanimité. L’opposant Mahamat Zen Chérif, président du parti Tchad Uni et non-membre du GCAP, y voit un très grave recul pour la démocratie au Tchad. Il a insisté sur l’impératif de sauvegarder l’État de droit et les principes démocratiques.

« Arrêter des leaders de formations politiques légalement constituées qui agissent dans le cadre de la légalité républicaine, c’est un message fort en termes de recul démocratique adressé à tous les Tchadiens », a déclaré Mahamat Zen Chérif. Selon lui, « le gouvernement montre ses faiblesses. Parce que lorsqu’on est légitime, lorsqu’on est issu des urnes, on ne craint pas l’expression populaire ».

Il a également mis en garde contre les conséquences d’une telle interdiction : « Lorsqu’on interdit systématiquement toute manifestation, je pense que c’est ouvrir la voie à des revendications dans l’illégalité, et je pense que c’est dangereux pour la stabilité politique de notre pays. » Pour lui, les manifestations et l’exercice des libertés fondamentales sont essentiels à la vie démocratique.

Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) est l’une des coalitions d’opposition les plus significatives du Tchad, regroupant une dizaine de partis. Connu pour sa critique acerbe de la transition, le GCAP avait déjà marqué l’actualité le 31 octobre 2025 en annonçant son retrait de la scène politique pour protester contre une dérive autoritaire et un climat de répression.