27 mai 2026

Burkina Voix

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Tension à Ouagadougou après l’interpellation de l’imam Mohamad Ishaq Kindo

Le climat social est particulièrement tendu à Ouagadougou suite à l’arrestation de l’imam sunnite Mohamad Ishaq Kindo. Ce dignitaire religieux influent a été appréhendé par les forces de sécurité ce mardi, quelques jours seulement après avoir manifesté son opposition à une nouvelle réglementation sur les pratiques cultuelles au Burkina Faso. Cette situation a rapidement engendré des mouvements de protestation dans la capitale.

Burkina Faso : un imam influent interpellé après des critiques contre le régime

Une opération sécuritaire musclée

L’intervention s’est déroulée mardi après-midi, menée par des unités de police et des militaires portant des cagoules. Selon les informations rapportées par ses proches et la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), l’interpellation a eu lieu dans un contexte de vive nervosité, à la veille des festivités de l’Aïd. Des confrontations ont éclaté entre les forces de l’ordre et les fidèles sur place, entraînant plusieurs blessés lors de l’opération. À ce jour, la destination du chef religieux demeure inconnue.

Des critiques visant la loi sur les libertés religieuses

L’origine de cette arrestation semble liée à une intervention audio de l’imam, devenue virale sur les réseaux sociaux peu de temps avant les faits. Dans cet enregistrement, Mohamad Ishaq Kindo remettait en question un texte de loi adopté en mars dernier, dont l’objectif est d’encadrer l’exercice des cultes sur le territoire national. Il mettait notamment en garde contre une éventuelle interdiction des prières collectives dans l’espace public et invitait les décideurs politiques à une réflexion approfondie sur l’impact de leurs réformes.

Rassemblements et appel à la retenue

Peu après l’annonce de sa détention, des centaines de manifestants se sont mobilisés à Ouagadougou pour réclamer sa libération. Ces rassemblements spontanés ont été dispersés par les forces de sécurité, qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour libérer les voies. Devant l’escalade des tensions, la Fédération des associations islamiques du Burkina a exhorté les fidèles à conserver leur calme et à faire preuve de sérénité face à ces événements.