La candidature de Macky Sall à la direction des Nations unies divise profondément au Sénégal. Quelques jours après l'annonce officielle de son entrée dans la course au poste de secrétaire général de l'ONU, l'ancien chef de l'État est revenu à Dakar pour rencontrer le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Une visite qui a provoqué la colère des collectifs représentant les familles des victimes des violences politiques survenues sous son régime.
Macky Sall cherche à faire valoir son expérience internationale, notamment son passage à la tête de l'organisation panafricaine entre février 2022 et février 2023. Selon son entourage, sa démarche vise à porter la voix du continent africain dans les grandes institutions internationales.
Mais au Sénégal, cette ambition se heurte aux accusations portées par le pouvoir actuel et plusieurs organisations de défense des victimes. Les autorités issues de l'alternance politique de 2024 reprochent à l'ancien gouvernement d'avoir réprimé les mobilisations de l'opposition entre 2021 et 2024, des manifestations qui ont fait plusieurs dizaines de morts selon les organisations concernées.
Les familles des victimes reprochent à Macky Sall son rôle dans ces événements. « Nous sommes tout aussi préoccupés par l'audience que le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye a accordée à l'ancien président Macky Sall au sujet de sa candidature au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. Nous estimons que Monsieur Macky Sall n’est pas un bon candidat pour recevoir le soutien du Sénégal », affirme Mouhamed Fadel Bodian, membre du collectif des familles des martyrs.
Les autorités sénégalaises et les organisations de défense des victimes refusent d'accueillir la visite de Macky Sall à Dakar. Leur opposition est soutenue par plusieurs députés et personnalités politiques, qui dénoncent les crimes commis pendant son régime.
La candidature de Macky Sall s’inscrit dans une compétition internationale déjà engagée pour la succession d’António Guterres, dont le mandat prendra fin en décembre 2026. Deux autres candidatures ont officiellement été enregistrées : celle de l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et celle du diplomate argentin Rafael Grossi.
Le Conseil de sécurité doit lancer l’examen formel des candidatures avant la fin du mois de juillet. Sa recommandation sera ensuite transmise à l’Assemblée générale, seule habilitée à élire le secrétaire général pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.
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