21 juillet 2026

Burkina Voix

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Sénégal : basiru diomaye faye apporte son soutien à macky sall pour l’ONU

Le gouvernement sénégalais engage pleinement ses ressources diplomatiques afin de porter la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Cette initiative, validée officiellement par le ministère des Affaires étrangères, intervient trois jours après une rencontre décisive entre l’ancien président et son successeur, Bassirou Diomaye Faye, au Palais de la République à Dakar.

Un changement de cap spectaculaire

Cette prise de position marque une rupture nette avec la stratégie adoptée par Dakar fin mars 2026. À cette époque, le Sénégal faisait partie des vingt États africains de l’Union africaine ayant refusé de soutenir la candidature de Macky Sall, initialement portée par le Burundi dans le cadre de la présidence tournante de l’organisation.

L’échange du 17 juillet a permis d’apaiser les tensions et de lever les dernières réserves. Le communiqué officiel précise que Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall dans une atmosphère sereine, malgré les traces des dissensions politiques qui ont émaillé la transition entre les deux mandats depuis l’élection de mars 2024.

Une compétition internationale intense

Macky Sall doit désormais affronter quatre adversaires de poids pour succéder à António Guterres, dont le mandat expirera le 31 décembre 2026. Les principaux concurrents incluent Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ainsi que Rebecca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

Le ralliement du Sénégal représente un atout majeur pour la candidature de Macky Sall, lui offrant l’appui du réseau diplomatique national. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé que l’ensemble des institutions gouvernementales et des représentations à l’étranger seront mobilisés pour défendre cette ambition internationale.

Un contexte politique toujours fragile

Cette décision intervient alors que le pays peine à tourner la page des tensions politiques consécutives à la transition de 2024. Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 avec le soutien du parti Pastef, avait promis une rupture avec les pratiques de l’ère Macky Sall. Plusieurs dossiers sensibles, notamment les demandes de justice émanant de victimes de répressions sous l’ancien régime, restent en suspens.

Pour certains analystes, ce soutien à Macky Sall s’apparente à un acte de cohésion nationale. Il permettrait à Diomaye Faye de consolider une alliance politique dépassant les clivages partisans traditionnels.

Avec une population de 18 millions d’habitants et son statut de membre fondateur d’organisations régionales comme la CEDEAO — dont Diomaye Faye assure actuellement la présidence — le Sénégal joue un rôle clé dans les équilibres diplomatiques ouest-africains. Son appui pourrait influencer d’autres capitales encore indécises sur le choix du prochain secrétaire général.

Une stratégie de lobbying en marche

Après avoir obtenu l’adhésion de Dakar, Macky Sall s’est rendu à Banjul le 17 juillet pour s’entretenir avec le président gambien Adama Barrow. Cette tournée régionale s’inscrit dans une démarche proactive visant à convaincre les chefs d’État africains de la légitimité de sa candidature.

Le vote décisif aura lieu dans les prochains mois au Conseil de sécurité des Nations unies, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. La capacité de Macky Sall à fédérer un consensus au sein du continent africain sera déterminante pour contrer les candidatures soutenues par d’autres blocs régionaux.