11 juin 2026

Burkina Voix

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Réforme constitutionnelle en RDC : Kinshasa paralysée par une journée ville morte

L’activité a repris très progressivement mercredi après-midi dans les rues de Kinshasa, après une journée marquée par l’opération « ville morte » à l’initiative de la Coalition Article 64 (C64). Ce regroupement de formations d’opposition entendait protester vigoureusement contre la volonté du président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution.

Si les opposants se félicitent d’un succès populaire massif, les autorités minimisent l’ampleur du mouvement et confirment leur intention de mener à bien le processus législatif entamé. Ce nouveau bras de fer souligne la fracture politique profonde qui traverse actuellement la République démocratique du Congo.

RDC Kinshasa | Centre administratif de Kinshasa

Un climat de tension palpable dans la capitale

Le centre-ville et les quartiers périphériques de Kinshasa ont présenté un visage inhabituel. Redoutant des débordements et face au déploiement massif des unités de police et de l’armée, de nombreux Kinois ont choisi la prudence en restant confinés chez eux.

« Le calme est frappant. Les bus ne circulent pas et les établissements scolaires n’ont pas ouvert leurs portes. C’est une manière pour nous de dire non au changement de la Constitution. Si nous étions d’accord, nous serions à nos postes de travail », confie un résident du centre administratif.

Dans d’autres zones, l’inquiétude domine face à l’omniprésence sécuritaire. « Nous nous sentons oppressés. La police et les militaires sont partout pour empêcher tout rassemblement. Les commerces sont clos et il est quasiment impossible de trouver un transport », déplore un autre habitant.

L’opposition revendique une victoire symbolique

Pour les organisateurs de la contestation, le bilan est sans appel : la population a massivement suivi le mot d’ordre. Les leaders de l’opposition voient dans ce ralentissement économique forcé un signal clair envoyé à la présidence.

RDC Kinshasa 2023 | Centre ville de Kinshasa

Prince Epenge, figure de proue de la coalition Lamuka, estime que l’adhésion a frôlé les 100 %. Selon lui, en désertant l’espace public, les citoyens ont exprimé leur rejet d’une dérive autoritaire visant à pérenniser le pouvoir actuel. Il appelle Félix Tshisekedi à prendre la mesure de ce mécontentement avant d’envisager de nouvelles actions de rue.

Le gouvernement reste droit dans ses bottes

Cette interprétation est vivement contestée par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Pour le parti au pouvoir, la tentative de paralysie a échoué. Christian Lumu Lukusa, cadre de la Ligue des jeunes de l’UDPS, soutient que la vie a suivi son cours normal malgré les tentatives d’intimidation de l’opposition.

« Kinshasa est restée active. Les citoyens n’ont pas cédé à la psychose que certains voulaient instaurer », martèle-t-il, tout en réitérant la détermination de la majorité à réformer les institutions. Selon lui, cette révision constitutionnelle est un impératif de modernisation nationale qui ne sera pas abandonné.

Vers une consultation populaire sous haute tension

Le projet de réforme devrait prochainement déboucher sur un référendum. Cette étape fait suite au vote, le 27 mai dernier, d’une loi encadrant les consultations référendaires par l’Assemblée nationale.

L’opposition maintient que cette démarche viole les textes fondamentaux du pays. Alors que chaque camp campe sur ses positions, l’horizon politique en RDC semble s’obscurcir, laissant craindre une escalade des tensions dans les mois à venir.