recensement des prisonniers politiques en RDC : une démarche pour apaiser les tensions avant le dialogue
En République démocratique du Congo, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a lancé une opération ambitieuse : le recensement exhaustif des prisonniers politiques et d’opinion. Cette initiative, présentée comme une étape cruciale, s’inscrit dans une volonté d’apaisement avant l’organisation d’un dialogue national inclusif.
Le CNSA insiste sur le caractère universel de cette démarche : le droit doit s’appliquer à tous sans distinction. Selon les critères établis par l’institution, chaque dossier sera examiné avec rigueur afin d’identifier les cas éligibles à une amnistie. L’objectif affiché est clair : préparer le terrain pour un dialogue national en relâchant les tensions accumulées.
Un principe fondamental : le droit prime sur toute autre considération
Joseph Olenghankoy, président du CNSA, rappelle avec fermeté que « le droit n’a pas de couleur ». Il dénonce les détentions prolongées sans jugement, évoquant des cas où des détenus ont passé plus de six mois derrière les barreaux sans comparution devant leurs juges naturels. Cette situation constitue une entorse grave aux principes démocratiques, selon lui.
« Notre mission est de signaler ces irrégularités aux autorités compétentes pour qu’elles prennent les mesures nécessaires », explique-t-il. L’institution compte remettre une liste détaillée au président Félix Tshisekedi, incluant les noms des prisonniers politiques et d’opinion, afin que des décisions soient prises en urgence.
Le PPRD salue l’initiative du CNSA
Parmi les personnalités dont les noms pourraient figurer sur cette liste figurent des figures importantes du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), comme Aubin Minaku, vice-président du parti, et Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent. Tous deux, proches de l’ancien président Joseph Kabila, sont détenus depuis plusieurs mois.
Le PPRD a réagi avec satisfaction à cette initiative. Lucain Kasongo, cadre du parti, a déclaré : « Si cette démarche permet la libération de nos camarades détenus, nous ne pouvons qu’y être favorables. Toute initiative visant à obtenir leur libération, qu’elle vienne du CNSA ou d’ailleurs, mérite notre soutien. »
Parmi les noms cités figurent également ceux de Dunia Kilanga et Parole Kamizelo, deux autres figures du parti placées en détention. Le PPRD a tenu à souligner l’importance de cette opération pour rétablir un climat de confiance politique.
Des condamnations à mort à réexaminer pour un dialogue apaisé
L’organisation Justicia ASBL, spécialisée dans la défense des droits humains, a récemment transmis au ministre de la Justice une liste de près d’une centaine de prisonniers politiques et d’opinion. Parmi eux, certains ont été condamnés à mort, comme l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion de l’AFC/M23.
Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, est catégorique : « Une mesure politique doit être prise pour annuler ces condamnations. Ces décisions judiciaires pèsent lourdement sur le climat politique et freinent tout effort de dialogue inclusif. »
Il estime que la levée de ces condamnations pourrait significativement contribuer à instaurer un environnement propice aux discussions nationales. Reste désormais à savoir si le CNSA parviendra à transformer cette initiative en actes concrets, alors que les appels à un dialogue inclusif se multiplient en RDC.
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