25 août 2026

Burkina Voix

Média burkinabè indépendant qui donne la parole aux citoyens : actualités politiques, sécuritaires et économiques du Faso.

Réaction vive de l’AES après des déclarations nigérianes sur l’insécurité

L’AES dénonce les déclarations du Nigeria sur la crise sécuritaire au Sahel

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, a convoqué le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Nigeria à Ouagadougou, après les déclarations du président Bola Tinubu. Ce dernier avait évoqué, fin juillet, une aggravation de l’insécurité au Nigeria attribuée à la situation dans les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Cette réunion s’est tenue en présence des représentants diplomatiques du Mali et du Niger, tous deux membres de l’AES, afin d’adopter une position commune et unie face à ces accusations.

Un échange diplomatique pour clarifier les tensions

Selon les propos rapportés du président nigérian, la recrudescence des attaques terroristes et des enlèvements au Nigeria trouverait son origine dans l’insécurité croissante au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Une analyse jugée hâtive et simpliste par le chef de la diplomatie burkinabè.

« Nous regrettons profondément ces déclarations qui ne reflètent pas la réalité et sapent l’esprit de solidarité indispensable entre pays voisins confrontés à des défis communs », a déclaré Jean Marie Traoré. Il a souligné que ces propos risquent d’alimenter des malentendus et des tensions inutiles entre des nations liées par une histoire et une géographie partagées.

Une réponse unie et constructive

Le ministre a rappelé que les pays de l’AES subissent eux-mêmes les conséquences de l’insécurité, tout en dénonçant une responsabilisation abusive. « Nous ne sommes pas à l’origine de nos difficultés, mais nous en assumons les conséquences. Les véritables ennemis se trouvent ailleurs, et c’est ensemble que nous devons les affronter », a-t-il insisté.

Malgré cette réaction ferme, il a tenu à préciser que la démarche des trois États ne visait pas à polémiquer ou à provoquer une crise diplomatique. Au contraire, elle visait à privilégier un dialogue franc et constructif, fondé sur la conviction que seule une coopération renforcée permettra de surmonter durablement les défis sécuritaires de la région.

Le Nigeria salue l’approche de l’AES

Le Chargé d’Affaires nigérian, présent lors de l’échange, a reconnu la démarche des trois pays. Il a salué leur volonté de maintenir un dialogue axé sur la solidarité et la lutte antiterroriste, tout en saluant les efforts déjà engagés par l’AES dans ce combat.