25 août 2026

Burkina Voix

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Querelle politique au Maroc entre le pjd et al adl wal ihsane sur les élections

Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), lors d’une prise de parole en juin 2026.

Les tensions entre le Parti de la justice et du développement (PJD) et le mouvement Al Adl Wal Ihsane au Maroc viennent de ressurgir, alimentées par des désaccords profonds sur l’utilité des scrutins électoraux dans le paysage politique national. Ces échanges, qui opposent deux visions radicalement différentes de la participation démocratique, pourraient redéfinir les rapports de force dans le royaume.

De profonds clivages sur la démocratie électorale

Le PJD, parti islamiste modéré, défend depuis des années la participation aux élections comme un outil essentiel pour influencer les politiques publiques et accéder au pouvoir institutionnel. Ses dirigeants, dont Abdelilah Benkirane, insistent sur l’importance de cette stratégie pour ancrer les valeurs de justice sociale et de développement économique dans les institutions marocaines.

À l’inverse, Al Adl Wal Ihsane, mouvement islamiste non reconnu officiellement, rejette catégoriquement les élections, les considérant comme un mécanisme illégitime imposé par un système politique qu’il qualifie de corrompu. Ses partisans prônent une approche alternative, fondée sur la réforme sociale par l’éducation et l’engagement citoyen, en marge des institutions étatiques.

Un débat aux enjeux stratégiques

Cette divergence de vues ne se limite pas à une simple opposition idéologique. Elle reflète en réalité deux stratégies distinctes pour atteindre des objectifs communs : l’instauration d’un État plus juste et conforme aux principes de l’islam. Cependant, les méthodes proposées par chaque camp soulèvent des questions cruciales sur leur efficacité et leur légitimité aux yeux des citoyens.

Le PJD, en misant sur les urnes, mise sur une transformation progressive du système de l’intérieur, tandis qu’Al Adl Wal Ihsane mise sur une révolution culturelle et sociale, sans passer par les canaux traditionnels du pouvoir. Ce débat agite les milieux politiques marocains, où l’on s’interroge sur l’avenir de la démocratie dans le royaume.

Quelles perspectives pour le Maroc ?

Alors que le royaume s’apprête à organiser de nouveaux scrutins, la question de la participation des partis islamistes reste au cœur des discussions. Le PJD, malgré les critiques internes et externes, continue de jouer un rôle clé dans le paysage politique. Quant à Al Adl Wal Ihsane, son influence grandissante auprès des jeunes et des classes populaires pourrait redéfinir les équilibres politiques, même en dehors des institutions.

Dans ce contexte, une chose est sûre : la querelle entre ces deux acteurs majeurs du Maroc ne s’éteindra pas de sitôt. Elle illustre les défis auxquels fait face le pays dans sa quête d’un modèle démocratique adapté à ses réalités sociétales et culturelles.