20 mai 2026

Burkina Voix

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Participation politique des femmes au Sénégal : un recul qui interpelle

Bien que le Sénégal soit souvent cité comme un modèle démocratique en Afrique, l’accès des femmes aux postes de décision reste un défi majeur. Les chiffres actuels témoignent d’une réalité contrastée : sur les 558 communes que compte le pays, seules 18 sont dirigées par des femmes, tandis que la présidence des conseils départementaux n’en compte que 3 sur 43.

Un constat alarmant sur la représentativité

Lors d’un séminaire de deux jours organisé à Dakar par le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD), les participantes ont analysé la situation de la participation politique féminine. Bator Seck, point focal de l’organisation au Sénégal, a rappelé que malgré un arsenal juridique progressiste — incluant la Constitution de 2001 et la loi sur la parité de 2010 — les avancées concrètes marquent le pas.

Les données issues des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024 confirment cette tendance à la baisse. La présence féminine à l’Assemblée nationale a régressé, passant de 44,2 % à 41 %. Plus révélateur encore, seulement 13 % des listes électorales étaient portées par des femmes en tant que têtes de liste. Pour Bator Seck, ces statistiques illustrent des barrières structurelles et culturelles persistantes, limitant l’accès au financement, à la visibilité médiatique et aux sphères de pouvoir, alors même que les femmes sont les piliers de l’économie locale et de la cohésion sociale.

Transformer le leadership féminin

Pour contrer cette dynamique, une initiative régionale afroféministe a été lancée, réunissant une cohorte de 30 leaders sénégalaises. Ce groupe, composé de parlementaires, d’élues locales et d’activistes de divers horizons, ambitionne de redéfinir la place des femmes dans l’espace public. L’objectif est clair : la démocratie sénégalaise ne peut être totale si une partie de la population reste marginalisée dans les processus décisionnels. L’avenir politique du Sénégal doit désormais se construire de manière inclusive.

Dépasser les barrières psychologiques et techniques

Maman Diouf Fall, représentant le ministère de la Famille et des Solidarités, a insisté sur l’importance du renforcement de la confiance en soi. Selon elle, de nombreuses femmes possèdent les compétences requises mais sont freinées par des stéréotypes sociaux et un manque de mentorat. L’accent doit être mis sur des programmes de formation de haut niveau couvrant la communication politique, la gestion stratégique et la maîtrise des outils numériques.

Un déséquilibre géographique a également été soulevé : les opportunités de renforcement de capacités sont trop souvent centralisées dans les zones urbaines, au détriment des femmes leaders en milieu rural qui sont pourtant en première ligne au sein de leurs communautés.

Vers une autonomisation durable

Le combat pour une meilleure représentation passe inévitablement par l’autonomisation économique. Une participation politique pérenne nécessite une stabilité professionnelle et une capacité à équilibrer les charges familiales et publiques. En ce sens, des initiatives sont déployées pour promouvoir l’éducation à la citoyenneté, la lutte contre les violences faites aux femmes et le maintien des filles à l’école.

La transformation sociale attendue repose sur une responsabilité collective visant à garantir que chaque femme puisse exercer son leadership librement et efficacement, assurant ainsi un environnement favorable à l’épanouissement de toutes les citoyennes sénégalaises.