30 avril 2026

Paludisme au Burkina Faso : progrès record en 2025 et objectif d’élimination d’ici 2030

Le Burkina Faso enregistre une avancée majeure dans sa lutte contre le paludisme, une maladie endémique que le pays ambitionne d’éradiquer d’ici 2030. Les données officielles publiées en 2026 révèlent une diminution sans précédent des cas et des décès liés à cette pathologie en 2025, marquant un tournant dans la stratégie nationale de santé publique.

Chiffres clés : une baisse historique des cas et décès

En 2025, le nombre de cas de paludisme au Burkina Faso a chuté de manière spectaculaire, passant de 10,8 millions en 2024 à 7,3 millions, soit une réduction de 32 %. Chez les enfants de moins de 5 ans, cette baisse atteint 38 %, avec une diminution de plus de 1,9 million de cas. Les décès liés au paludisme ont également reculé, passant de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025, soit une chute de 48 %. Chez les jeunes enfants, la mortalité a été réduite de 893 décès.

Stratégies gagnantes : une mobilisation multisectorielle et des innovations

Selon le ministre de la Santé, Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ces résultats sont le fruit d’une politique volontariste et d’une coordination renforcée. « Éliminer le paludisme au Burkina Faso d’ici 2030 est un objectif réalisable, à condition de maintenir une dynamique collective et d’intensifier les actions », a-t-il déclaré. Parmi les mesures clés mises en avant :

  • Renforcement de l’assainissement des environnements pour limiter la prolifération des moustiques ;
  • Vaccination contre le paludisme, désormais généralisée dans les 70 districts sanitaires du pays depuis août 2025 ;
  • Distribution massive de moustiquaires bi-imprégnées (près de 15 millions distribuées), offrant une protection supérieure contre les insectes résistants ;
  • Communication ciblée pour promouvoir les bonnes pratiques (sommeil sous moustiquaire, consultation rapide en cas de fièvre, vaccination des enfants) ;
  • Mobilisation communautaire via plus de 33 000 volontaires et 7 000 agents de santé déployés dans l’ensemble du territoire, y compris les zones à risque sécuritaire.
Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

Une vision politique ambitieuse et des résultats concrets

Le succès de cette stratégie repose sur l’engagement du Président du Faso, Capitaine Ibrahim Traoré, qui a placé la santé des populations au cœur des priorités nationales. Le Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP) a joué un rôle central dans la coordination des actions, confirmant que l’élimination du paludisme nécessite une approche globale et l’implication de tous les acteurs.

« Ces avancées ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une volonté politique forte et d’une mobilisation sans précédent », a souligné Dr Kargougou. Il a également salué l’implication des collectivités territoriales, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des leaders communautaires et des médias.

Prochaines étapes : vers une éradication totale

Malgré ces progrès encourageants, le ministre a appelé à maintenir la dynamique pour atteindre l’objectif d’élimination. « Nous devons poursuivre nos efforts en renforçant la prévention, en améliorant l’accès aux soins et en consolidant la sensibilisation des populations », a-t-il insisté. Il a invité l’ensemble des acteurs à se mobiliser davantage : « Ensemble, nous avons prouvé qu’il est possible de réduire significativement le paludisme. Ensemble, nous y parviendrons ».