23 juin 2026

Burkina Voix

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Maroc inde renforcent leur alliance contre le terrorisme à new delhi

Le Maroc et l’Inde ont franchi une nouvelle étape dans leur collaboration sécuritaire lors d’une rencontre tenue à New Delhi, élargissant leur partenariat antiterroriste aux enjeux financiers, technologiques et criminels transnationaux. Organisée le 22 juin, cette deuxième session du groupe de travail commun a permis de définir une stratégie commune axée sur l’échange d’intelligence, le renforcement des structures institutionnelles et une synchronisation renforcée au sein des instances internationales.

Cette réunion, coprésidée par Vinod Bahade, secrétaire adjoint à la lutte antiterroriste au ministère indien des Affaires étrangères, et Hicham Baali, responsable de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) au sein de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), a abordé les menaces qui pèsent sur leurs territoires respectifs. Les discussions ont également porté sur la propagation mondiale des idéologies extrémistes, les flux financiers illégaux, les outils technologiques détournés et les mouvements transfrontaliers des réseaux terroristes.

Les deux délégations ont adopté une position unanime en condamnant sans réserve «toutes les formes de terrorisme, y compris les attaques transfrontalières». Elles ont également dénoncé deux actes terroristes récents : l’attaque du 22 avril 2025 à Pahalgam, dans la région du Jammu-et-Cachemire, ainsi que l’incident du 10 novembre 2025 près du Fort-Rouge à New Delhi.

Radicalisation, financement et cybermenaces : les défis communs

Les échanges ont couvert plusieurs axes critiques, dont l’extrémisme violent, les mécanismes de radicalisation, les circuits de financement du terrorisme et l’exploitation malveillante des technologies. Les participants ont souligné l’importance d’une analyse conjointe des «défis actuels et futurs dans la lutte contre le terrorisme», en ciblant spécifiquement les méthodes de recrutement, les sources de financement illicite, les canaux de communication occultes et les outils numériques exploités par les groupes clandestins.

Un accent particulier a été mis sur «l’exploitation des technologies à des fins terroristes», englobant les plateformes de messagerie sécurisées, la propagande en ligne, les transferts de fonds anonymes et les dispositifs facilitant la planification d’attaques. Bien que le communiqué ne détaille pas de mesures spécifiques, il relie ce volet à une collaboration élargie en matière de renseignement, de prévention et de réponse judiciaire.

Les deux nations ont également analysé «le lien croissant entre crime organisé transnational et terrorisme». Ce phénomène inclut les réseaux de blanchiment, les chaînes logistiques frauduleuses, les faux papiers, les trafics illicites et les routes migratoires clandestines, qui permettent aux groupes armés de déplacer personnes, fonds et équipements à l’échelle internationale.

Enfin, les délégations ont étudié le «mouvement international des terroristes», évoquant les parcours des combattants étrangers, les retours depuis les zones de conflit et les risques liés aux itinéraires illégaux. Les deux pays ont convenu de renforcer leurs évaluations pour mieux tracer ces déplacements et fluidifier l’échange d’informations entre leurs services spécialisés.

Vers une coopération bilatérale et multilatérale renforcée

Le Maroc et l’Inde ont réaffirmé leur volonté de «consolider leur partenariat bilatéral contre le terrorisme par l’échange d’informations, le renforcement des capacités et le partage des bonnes pratiques». Cette approche combine expertise policière, analyse des menaces, formations spécialisées et comparaison des méthodes opérationnelles appliquées par les deux pays.

Les représentants des deux États ont également réitéré leur engagement au sein de l’Organisation des Nations unies, du Groupe d’action financière (GAFI) et du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF). Ces plateformes sont présentées comme essentielles pour harmoniser les normes financières, prévenir l’extrémisme violent, faciliter la coopération judiciaire et favoriser l’échange d’expériences entre nations.

Parallèlement, Rabat et New Delhi ont acté la tenue d’une troisième réunion du groupe de travail commun au Maroc, dont la date sera fixée d’un commun accord. Cette prochaine session devra approfondir l’examen des menaces régionales et mondiales, tout en concrétisant les orientations adoptées lors de cette rencontre à New Delhi.