25 août 2026

Burkina Voix

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Maroc et espagne : les tensions resurgissent autour de Ceuta et Melilla

Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réitéré les revendications du Royaume sur Ceuta et Melilla, deux villes espagnoles situées en Afrique du Nord. Dans un entretien récent, il a souligné que le Maroc maintenait ses positions historiques concernant ces deux territoires, qualifiés de « présides » par Rabat. Ces déclarations interviennent alors que les négociations entre les deux pays persistent, dans une approche patiente et diplomatique.

Lors de ses propos, le responsable a également abordé la question migratoire, évoquant les traversées massives de mineurs marocains non accompagnés vers Ceuta fin juillet. Il a appelé l’Espagne à assumer pleinement ses obligations, notamment en matière de rapatriement et d’accueil des jeunes migrants. Abdellatif Ouahbi a critiqué la demande espagnole visant à ce que le Maroc limite les départs irréguliers, tout en soulignant que les migrants parvenant à atteindre le territoire espagnol bénéficiaient de procédures légales.

Le ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité pour les deux pays d’harmoniser leurs cadres juridiques et leurs méthodes opérationnelles pour lutter contre la migration irrégulière. « Le Maroc ne peut pas être le seul garant de la sécurité migratoire européenne », a-t-il déclaré, rappelant ainsi le principe d’une responsabilité partagée.

Madrid rejette catégoriquement les revendications marocaines

Face à ces déclarations, le ministère espagnol des Affaires étrangères a réaffirmé sans ambiguïté que Ceuta et Melilla faisaient partie intégrante du territoire national espagnol. « Leur statut n’a jamais été et ne sera jamais sujet à discussion », a-t-il affirmé, s’appuyant sur la reconnaissance internationale de la souveraineté ibérique sur ces deux enclaves.

Réactions politiques en Espagne : tensions et divisions

Lors d’une visite à Ceuta, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a choisi de ne pas aborder la question territoriale, se concentrant exclusivement sur la crise migratoire récente. Il a salué la coopération du Maroc dans le rapatriement des mineurs marocains entrés illégalement sur le territoire espagnol.

En revanche, Juan José Imbroda, président de Melilla et membre du Parti populaire (PP), a adopté un ton bien plus incisif. Interrogé sur la position marocaine, il a déclaré : « À quoi bon posséder Ceuta et Melilla si vous ne parvenez même pas à gérer vos propres citoyens et que vos jeunes fuient vers l’Europe ? » Il a qualifié la situation migratoire de « camouflet international pour le Maroc », l’exhortant à gérer cette crise avec dignité.

De son côté, le ministère marocain de l’Intérieur a rappelé que la lutte contre la migration irrégulière et les réseaux de traite des êtres humains nécessitait une coopération bilatérale équilibrée. Sans évoquer directement le statut des deux présides, il a mis en garde contre des appels en ligne incitant à de nouvelles traversées massives, notamment autour du 15 août. Le département a insisté sur le fait que la gestion des flux migratoires ne pouvait reposer sur les efforts d’un seul pays.