20 mai 2026

Burkina Voix

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L’excellence agricole du Bénin à la conquête des marchés mondiaux

De l’ananas pain de sucre aux récoltes de soja de la vallée de l’Ouémé, en passant par le miel parfumé des régions collinaires, les produits du terroir béninois s’imposent avec force sur l’échiquier international. Cette percée commerciale est le fruit d’une stratégie rigoureuse pilotée par le gouvernement du Président Patrice Talon, visant à franchir les barrières douanières et sanitaires les plus complexes. Plongée au cœur d’une mutation verte qui transforme la vie des producteurs et redynamise l’économie nationale.

Le virage de la qualité : s’aligner sur les standards internationaux

Pendant des décennies, le potentiel agricole du Bénin est resté limité aux échanges locaux ou régionaux, entravé par des normes phytosanitaires strictes imposées par l’Union Européenne ou la Chine. L’exemple de l’ananas est, à cet égard, très parlant : après une interruption volontaire des exportations vers l’Europe en 2017 pour des raisons de conformité, le pays a dû totalement réorganiser sa filière. L’exportation n’est plus vue comme un simple débouché, mais comme une véritable compétition normative.

Face à ce constat, l’exécutif a réagi avec détermination. Sous l’impulsion du chef de l’État, des fonds massifs ont été alloués à la modernisation des structures de contrôle, notamment l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (ABSSA). Ces réformes de fond ont permis d’obtenir les certifications nécessaires pour accéder durablement aux marchés les plus exigeants. Aujourd’hui, les produits béninois se distinguent non seulement par leurs qualités gustatives, mais aussi par une traçabilité et une sécurité sanitaire exemplaires.

Le miel béninois : un trésor naturel désormais certifié

C’est par une diplomatie agraire offensive que le Bénin a marqué des points décisifs. Un jalon historique a été posé en février 2018, lorsque la Commission européenne a officiellement autorisé l’entrée du miel béninois sur son territoire. Cette reconnaissance internationale valide la pureté d’un produit issu d’une apiculture respectueuse de l’environnement et de la biodiversité.

Pour les apiculteurs du Nord et du Centre, cette ouverture a provoqué un changement de dimension. Le miel n’est plus une ressource de subsistance, mais un produit d’exception prisé pour ses propriétés thérapeutiques et son profil aromatique unique. Cette dynamique assure désormais des revenus stables et attractifs, faisant de la filière apicole un secteur d’avenir pour la jeunesse rurale.

La montée en puissance des filières d’exportation

Si le miel connaît un succès croissant, l’ananas a également franchi une étape majeure en octobre 2021. L’Ananas Pain de Sucre du plateau d’Allada est devenu la première Indication Géographique Protégée (IGP) du pays, enregistrée auprès de l’OAPI. Ce fruit, célèbre pour sa chair sucrée, est aujourd’hui exporté frais ou transformé en jus pur jus, portant les couleurs de l’agriculture nationale à travers le monde.

Parallèlement, le soja, particulièrement dans sa version biologique, rencontre une forte demande en Europe et en Asie. Grâce aux infrastructures de la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), le pays ne se contente plus de vendre des matières premières brutes. La transformation locale apporte une forte valeur ajoutée. Le secteur de la noix de cajou suit cette même logique : en limitant progressivement l’exportation de noix brutes, le pays favorise la production d’amandes sur place, générant ainsi des milliers d’emplois locaux.

Un impact social et économique tangible

Cette réussite dépasse les indicateurs statistiques pour toucher directement le quotidien des travailleurs de la terre. Un producteur de soja de Savalou témoigne de cette évolution : « Désormais, nous commercialisons nos récoltes avec l’assurance d’obtenir un prix rémunérateur ».

La sécurisation des débouchés internationaux stabilise les revenus des ménages ruraux et favorise la structuration des coopératives. L’exigence de qualité a également conduit à une professionnalisation du secteur : les agriculteurs adoptent des techniques modernes, limitent les intrants chimiques et préservent ainsi la fertilité des sols. Pour l’État, c’est un levier essentiel pour équilibrer la balance commerciale et attirer des devises.

Le label « Made in Benin », symbole de prestige

Le paysage agricole a profondément évolué. En misant sur la certification et la modernisation, du succès du miel en 2018 à la reconnaissance de l’ananas en 2021, le pays a su imposer sa marque. Qu’il s’agisse de l’or doux des forêts ou des fruits des plateaux, le savoir-faire national s’exporte avec une fierté renouvelée. Cette mutation prouve qu’avec une volonté politique forte, le Bénin peut se positionner comme un fournisseur d’excellence sur la scène mondiale. Le label Made in Benin est désormais synonyme de qualité supérieure et de confiance.