11 juin 2026

Burkina Voix

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Les nouvelles orientations d’Oligui Nguema pour la fiscalité au Gabon

Le palais présidentiel a récemment été le théâtre d’une rencontre déterminante marquant la prise de fonctions d’Edith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la Direction générale des impôts (DGI). En recevant la nouvelle directrice et ses collaborateurs, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé que la fiscalité constitue désormais la pierre angulaire de son projet de société, moteur indispensable du financement des services publics au Gabon. Le message adressé à la haute administration est sans équivoque : la mobilisation des ressources internes devient une priorité absolue de l’État.

La fiscalité comme levier de transformation nationale

Le chef de l’État a souligné que la capacité du gouvernement à concrétiser ses promesses en matière d’infrastructures, d’éducation et de santé dépend directement de l’efficacité fiscale. Pour Libreville, l’objectif est de réduire progressivement la dépendance aux revenus pétroliers. L’élargissement de l’assiette fiscale et l’optimisation du recouvrement s’imposent donc comme des chantiers vitaux. La DGI n’est plus seulement perçue comme un collecteur de fonds, mais comme un véritable outil de pilotage budgétaire et de stabilité macroéconomique.

Lors de cet échange, le président a insisté sur la dimension hautement stratégique de cette mission. Cette exigence de performance s’accompagne d’un impératif d’éthique rigoureux. La lutte contre l’évasion fiscale, la modernisation numérique des procédures et la transparence envers les contribuables sont les piliers attendus. L’ambition est de transformer une administration autrefois jugée rigide en un partenaire facilitant le climat des affaires au Gabon.

Les défis d’Edith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la DGI

La nomination d’Edith Laure Mbiguidi Oyaya intervient dans une période charnière où le pays s’efforce de stabiliser ses finances publiques après des phases de tensions de trésorerie. La nouvelle responsable hérite d’une structure dont les résultats impacteront directement la viabilité de la dette publique et les investissements futurs. Son succès reposera sur sa capacité à mobiliser ses équipes malgré les éventuelles résistances internes et sur le soutien politique dont elle bénéficiera.

Les dossiers prioritaires pour la nouvelle équipe sont nombreux : déploiement des télédéclarations, garantie de la traçabilité des flux financiers, taxation des grandes industries extractives et alignement avec les standards de la CEMAC. Ces réformes, bien que déjà amorcées, doivent s’accélérer pour valider la crédibilité de la stratégie de refondation économique. Par ailleurs, la DGI poursuit ses programmes de coopération technique avec des institutions internationales pour renforcer ses capacités.

La souveraineté budgétaire au cœur du projet politique

Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, puis sa confirmation électorale en 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a fait de la souveraineté budgétaire un axe majeur de sa politique. Sa vision articule modernisation économique et justice sociale, ce qui nécessite des recettes fiscales plus importantes et mieux réparties. Le gouvernement souhaite ainsi accroître la contribution des secteurs à forte valeur ajoutée tout en protégeant le pouvoir d’achat des foyers les plus modestes.

Toutefois, l’équation demeure complexe au Gabon. Le pays fait face à un secteur informel encore vaste et à une base de contribuables restreinte, le tout dans un contexte de dépendance aux cours mondiaux des hydrocarbures. Élargir l’assiette fiscale demandera de la patience et une stratégie mêlant incitations à la formalisation et renforcement des contrôles. La directrice générale devra naviguer entre la nécessité de résultats immédiats et la mise en œuvre de réformes structurelles profondes.

Cette audience présidentielle est également un signal fort envoyé aux partenaires financiers. En affichant son soutien direct à la nouvelle direction des impôts, le chef de l’État garantit la continuité des réformes de gouvernance. L’évolution des recettes non pétrolières sera désormais observée comme le principal indicateur de la réussite du programme économique gabonais.