29 juin 2026

Burkina Voix

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Les Dogons du Mali retrouvent leurs villages après des accords locaux

Au Mali, des milliers de personnes déplacées ont choisi de rentrer chez elles, dans le cercle de Bankass, au centre du pays. Ce retour est devenu possible grâce à des accords conclus entre les communautés villageoises et le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al Qaïda.

Les villageois peuvent ainsi réintégrer leurs habitations et leurs terres agricoles, mais à certaines conditions imposées par les groupes djihadistes : les femmes doivent porter le voile et l’éducation occidentale est interdite dans les écoles.

Fermeture des écoles et obligation du voile

Ces conditions concernent les tenues vestimentaires et les pratiques religieuses. Les hommes doivent porter des pantalons courts, les écoles républicaines sont fermées, et l’enseignement occidental est prohibé. Les femmes, quant à elles, doivent obligatoirement porter le voile.

En échange, les villageois, principalement Peuls et Dogons, peuvent désormais cultiver leurs champs et pratiquer l’élevage en cette saison des pluies qui a débuté en juin au Mali.

« Nous sommes revenus sans nos épouses »

Un éducateur du village de Bare Darsalam, dans le cercle de Bankass, qui souhaite garder l’anonymat, est retourné chez lui après sept ans d’absence à cause du conflit. Il est revenu sans sa femme ni ses enfants. Il s’exprime sur l’école publique et les règles vestimentaires imposées par le Jnim :

« Notre école a été détruite par les groupes armés terroristes lors du départ du village en 2019. Ils ont tout cassé. Même si on nous demandait de reconstruire l’école immédiatement, nous ne serions pas d’accord. Nous avons repris nos activités après les garanties données par le maire de Bankass. Nous n’avons pas encore commencé à porter des pantalons courts. Nous ne sommes pas non plus revenus avec nos épouses, pour savoir s’il faut porter le voile islamique ou autre. »

Reprise des travaux agricoles

Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, indique que la signature des accords entre les communautés villageoises et les groupes armés a entraîné un retour massif des déplacés. Il déclare :

« Grâce aux accords signés, les gens reviennent dans toutes les localités abandonnées. Les 13 villages qui accueillent leurs ressortissants comptent deux villages de Kani Bozon, un village de la commune rurale de Dimbal. Tout le reste sont des villages de la commune de Bankass. Il pleut actuellement et beaucoup de revenants ont commencé à cultiver leurs champs en toute sécurité. Tout le monde est satisfait. »

Les accords locaux précisent que les autorités coutumières et les notables doivent se conformer aux règles établies par les groupes armés terroristes, qui font de l’application de la charia la base de leur collaboration avec les villageois.