17 juillet 2026

Burkina Voix

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Le trafic de tramadol booste l’influence du groupe Wagner en République centrafricaine

Un empire criminel en pleine expansion

En République centrafricaine, le groupe Wagner a bâti un véritable empire de la drogue grâce à un trafic florissant de tramadol. Selon des informations recueillies sur place, cette organisation paramilitaire russe a trouvé dans ce petit pays d’Afrique centrale un terrain propice à ses activités illicites, lui offrant un nouvel élan malgré les revers subis ailleurs sur le continent.

Le tramadol, une drogue aux multiples usages

Ce médicament antalgique, généralement prescrit pour des douleurs modérées, est ici reconditionné et concentré pour devenir un puissant opioïde. Surnommé la « cocaïne du pauvre », il séduit par son accessibilité et ses effets stimulants. Son trafic illicite génère des revenus colossaux, alimentant les caisses du groupe Wagner.

Une logistique bien huilée

Le tramadol arrive principalement par voie fluviale, en provenance de la République démocratique du Congo. Une fois sur place, il est distribué dans tout le pays, avec la bénédiction des mercenaires de Wagner. Ces derniers contrôlent également les réseaux d’exportation vers les pays voisins, où la drogue est revendue à des prix bien plus élevés.

Un contrôle territorial renforcé

La République centrafricaine présente des atouts majeurs pour le groupe Wagner : une faible surveillance internationale, des ressources naturelles abondantes (or, diamants, uranium) et des forêts denses. Wagner en profite pour exploiter les mines d’or, générant près de 180 millions de dollars de bénéfices annuels, selon des estimations. Ces activités illégales s’ajoutent à un contrôle politique de fait, comme le souligne le Centre d’études stratégiques pour l’Afrique.

Des bénéficiaires inattendus

Le groupe Wagner fournit du tramadol à plusieurs groupes armés locaux, dont les membres de la garde présidentielle d’élite et la milice des « Requins », chargée de surveiller la capitale et de réprimer les opposants. Les mineurs d’or travaillant pour Wagner, les manifestants pro-russes et les combattants engagés dans des opérations de contre-insurrection consomment également cette drogue, souvent pour « se donner du courage au combat ».

Un avenir incertain

Malgré la mort d’Evgueni Prigojine en 2023, le groupe Wagner continue de prospérer en République centrafricaine. Composé d’environ 500 hommes et dirigé par son fils Pavel, il reste un acteur incontournable. Certains experts craignent même une extension de son influence vers le Soudan voisin, où les Forces de soutien rapide (FSR) pourraient faciliter son implantation.