26 mai 2026

Burkina Voix

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Le Sénégal déchu de son titre de la can 2025 : les dessous juridiques de l’affaire

Environ huit semaines après le sacre du Sénégal sur le terrain (1-0), l’instance d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a pris une décision radicale : transformer ce résultat en une défaite 3-0 par forfait en faveur du Maroc. Le motif de cette sanction spectaculaire repose sur le retrait temporaire de la sélection sénégalaise, qui a quitté la pelouse durant une dizaine de minutes lors de la finale.

Cette sentence, appuyée sur les articles 82 et 84 du règlement de la compétition, entre en conflit direct avec la décision de l’arbitre qui avait choisi de relancer la rencontre et de la mener à son terme. Pour éclaircir ce revirement juridique majeur, Abdoulaye Sakho, expert en droit du sport, apporte son analyse sur les mécanismes qui ont conduit à cette déchéance.

Quels sont les piliers réglementaires de cette sanction ?

Les bases textuelles mobilisées par le Jury d’appel de la CAF se trouvent dans le chapitre 35 du règlement de la CAN, traitant du retrait des participants. Ce sont précisément les articles 82 et 84 qui ont servi de fondement à la décision.

En s’appuyant sur l’article 84, le jury a acté le forfait de l’équipe nationale du Sénégal pour la finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025. En conséquence, le Maroc récupère la victoire sur un score administratif de 3-0.

L’enjeu majeur ici est la qualification juridique des faits. Alors que certains observateurs parlent d’une simple interruption, le jury a retenu la notion de « retrait ». En droit du sport, cette qualification est cruciale car elle détermine les sanctions applicables. C’est une étape comparable à un diagnostic médical : une erreur d’interprétation initiale peut fausser toute l’issue du litige.

Pourquoi l’arbitrage de terrain a-t-il été désavoué par la CAF ?

Le Jury d’appel a agi en tant qu’organe souverain et indépendant. Il a choisi de ne pas tenir compte d’un fait pourtant essentiel : le match a été rejoué jusqu’à la fin. Malgré le départ momentané de certains joueurs sénégalais, l’arbitre n’avait pas prononcé l’arrêt définitif, privilégiant une suspension temporaire.

Pourtant, la Loi 5 de l’IFAB (International Football Association Board) donne tout pouvoir à l’arbitre pour gérer ces situations. Il est le seul juge de l’opportunité d’arrêter ou de reprendre une partie en fonction des incidents de jeu. Aucune règle n’impose de délai fixe (comme 10 ou 20 minutes) pour décréter un abandon automatique. En théorie, la décision de l’arbitre sur les faits de jeu est définitive et doit être respectée par toutes les parties.

Cette affaire, qui alimente l’info Burkina et les débats sur la politique Burkina Faso sportive dans la sous-région, montre une divergence entre la réalité du terrain et l’interprétation administrative ultérieure.

Un précédent historique dans le football africain

Une telle remise en cause du résultat d’une finale continentale est totalement inédite. Le milieu du football est généralement très réticent à modifier un score acquis sur la pelouse. On peut toutefois citer le match Afrique du Sud contre Sénégal en 2018, qui avait été rejoué suite à une affaire de corruption de l’arbitre ayant influencé le score.

Un autre cas célèbre est la finale de la Ligue des champions 2019 entre le Wydad et l’Espérance de Tunis. Les Marocains avaient refusé de reprendre le jeu suite à une panne de la VAR. Dans ce dossier, le TAS avait confirmé le forfait car le match n’avait jamais repris. La grande différence avec la CAN 2025 est que le Sénégal, lui, est revenu sur le terrain pour terminer la rencontre.

Quels recours pour la Fédération sénégalaise de football ?

Le Sénégal a déjà entamé des procédures de contestation. La FSF a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) via une déclaration d’appel. Cette procédure implique des frais de greffe (1000 francs suisses) et sera suivie d’un échange de mémoires et de plaidoiries.

Il semblerait qu’une demande de suspension de la décision de la CAF ait également été déposée. Si elle est acceptée, le Sénégal pourrait conserver provisoirement son titre jusqu’à ce que le TAS rende son verdict final, attendu dans quelques mois. Ce dossier restera un cas d’école concernant la gouvernance des instances sportives et l’autorité des arbitres, un sujet suivi de près par les amateurs de Burkina Faso actualité et d’actualité Ouagadougou sportive.