29 avril 2026

Le Mali renforce son système de santé pour un meilleur accès aux soins

Par le lancement du premier Mois de la santé, le gouvernement malien ambitionne de renforcer considérablement l’accès aux services médicaux pour l’ensemble de sa population.

Les enfants sont particulièrement vulnérables

L’accès aux services de santé n’est pas uniforme pour tous les citoyens maliens. La crise sécuritaire de 2012 a aggravé la fragilité d’un système de santé déjà mis à l’épreuve. En conséquence, de nombreux Maliens, en particulier les jeunes enfants et les femmes enceintes, ainsi que les personnes blessées lors des conflits, peinent à obtenir les soins nécessaires.

Face à ces difficultés, les autorités du pays sont déterminées à faire de la santé une priorité, malgré le contexte sécuritaire persistant, pour le bien-être de la population. C’est dans cette optique qu’elles ont inauguré, en novembre, la première édition du mois de la santé et de la protection sociale, avec l’objectif d’élargir l’accès aux services de santé.

Lors du lancement de cette initiative, le colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre intérimaire du Mali, a déclaré : « L’amélioration de la santé des populations demeure une priorité du gouvernement. Je salue la ministre Diéminatou Sangaré pour cette initiative qui créera un espace de dialogue et d’échange avec les acteurs du système et, surtout, avec les bénéficiaires, afin qu’ils comprennent mieux leurs rôles et responsabilités. »

Pour aller plus loin : La couverture maladie au Sénégal : un exemple d’assurance ?

Améliorer la santé infantile au Mali : un objectif crucial

Selon le Premier ministre, cette nouvelle initiative arrive à un moment opportun. En effet, les indicateurs de santé pour réduire certaines causes de décès ou de maladies ne sont pas encore satisfaisants. Les statistiques relatives à la natalité sont, quant à elles, préoccupantes. « Le taux de mortalité infantile s’élève à 54 décès pour 1 000 naissances vivantes ; 33 % des naissances ont lieu en dehors d’un établissement de santé ; et seulement 45 % des enfants âgés de 12 à 23 mois ont reçu l’ensemble des vaccins de base », a détaillé Abdoulaye Maïga.

Il a poursuivi en affirmant : « Un enfant sur trois de moins de 5 ans souffre d’un retard de croissance, et seulement 40 % des nourrissons de moins de six mois sont exclusivement allaités au lait maternel. » Le colonel a également mis en lumière une connaissance insuffisante des systèmes de santé et de protection sociale par la population, ce qui aggrave les difficultés d’accès aux soins essentiels.