25 août 2026

Burkina Voix

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Le Gabon éclaire son avenir avec la puissance flottante de Karpowership

Le groupe turc Karpowership, leader dans les solutions énergétiques maritimes, est devenu un pilier incontournable de l’approvisionnement électrique au Gabon. Selon Evans Damada, le directeur pays de l’entreprise, les navires-centrales positionnés stratégiquement près de Libreville et de Port-Gentil injectent actuellement 150 mégawatts dans le réseau national. Cette contribution représente une part significative, environ 25 % de la capacité de production totale du pays, soulignant à la fois l’agilité de ces solutions et les défis persistants du système électrique gabonais.

Une expansion rapide au cœur du réseau gabonais

L’intégration de Karpowership au mix énergétique gabonais s’est déroulée en un temps record. L’opérateur a rapidement augmenté sa production pour répondre aux coupures de courant chroniques qui affectaient gravement les foyers et les industries. Cette capacité d’intervention rapide est l’atout majeur des powerships turcs, qui peuvent être déployés et connectés au réseau en quelques semaines, un contraste frappant avec les années nécessaires à la construction d’une centrale terrestre traditionnelle.

Le Gabon s’ajoute ainsi à une longue liste de nations africaines bénéficiant des services du groupe basé à Istanbul, déjà présent en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone, en Gambie et au Mozambique. Le modèle économique de ces partenariats repose sur des contrats de vente d’électricité pluriannuels, souvent libellés en dollars, avec une facturation basée sur le kilowattheure produit. Cette structure financière a suscité des débats dans plusieurs capitales, notamment en raison de l’impact budgétaire lié à l’indexation sur les prix des hydrocarbures.

Sécurité énergétique et enjeux stratégiques

L’apport de 150 MW constitue une bouffée d’air frais immédiate pour les autorités gabonaises. La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) fait face depuis des années à une demande croissante, alimentée par une urbanisation galopante, le développement de zones économiques spéciales et la relance de projets miniers. La production électrique du pays, qui combine hydroélectricité, gaz naturel et fioul, a vu ses marges de manœuvre se réduire face au vieillissement de ses infrastructures.

Cependant, cette dépendance envers un fournisseur unique soulève des questions. Avec 25 % de la capacité disponible, Karpowership détient un levier de négociation considérable, dans un contexte où le Gabon cherche à valoriser ses propres ressources gazières et à renforcer sa souveraineté énergétique. Les nouvelles autorités de la transition, qui ont fait de la modernisation des infrastructures une priorité depuis août 2023, doivent donc concilier l’urgence opérationnelle avec une vision stratégique à long terme.

Un jalon vers l’autonomie électrique locale

Evans Damada positionne l’intervention de son groupe comme une solution transitoire, visant à combler le fossé entre la demande actuelle et la mise en service progressive de nouvelles capacités terrestres. Plusieurs projets sont à l’étude au Gabon, notamment le barrage de Kinguélé Aval, développé par Meridiam et Gabon Power Company, ainsi que de futures centrales à gaz alimentées par les gisements offshore. Ces infrastructures, une fois opérationnelles, devraient naturellement réduire la part des powerships dans le mix énergétique.

En attendant, la présence turque continue de structurer le fonctionnement quotidien du réseau gabonais. Les navires-centrales opèrent en continu, fournissant de l’électricité à la grande agglomération de Libreville et au corridor industriel de l’Estuaire. La maintenance, assurée par des équipes mixtes turques et gabonaises, inclut un volet de formation locale, dont l’ampleur reste toutefois à développer pour répondre pleinement aux attentes des autorités en matière de transfert de compétences.

À court terme, la question n’est plus de savoir si le Gabon peut se passer de Karpowership, mais plutôt comment le pays parviendra à rééquilibrer son bouquet électrique. La négociation des tarifs, la durée des contrats et l’intégration progressive du gaz national sont les prochains points de discussion cruciaux. L’opérateur turc a exprimé son désir de demeurer un partenaire à long terme du secteur électrique gabonais.