25 août 2026

Burkina Voix

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La junte burkinabè réagit aux propos de Bola Tinubu sur la sécurité sahélienne

Les récentes déclarations du président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, établissant un lien entre l’insécurité qui sévit au Nigeria et la situation observée au Burkina Faso, au Mali et au Niger, ont suscité une réaction officielle de la part de Ouagadougou. Pour faire part des réserves exprimées collectivement par les trois États de la Confédération des États du Sahel (AES), le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu le chargé d’affaires de l’ambassade du Nigeria. Les membres de l’AES jugent cette analyse incomplète et réaffirment l’importance cruciale d’une coopération régionale unie face aux groupes armés.

Crédit Photo : DT

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, s’est entretenu jeudi avec le chargé d’affaires de la République fédérale du Nigeria en poste au Burkina Faso. Cette rencontre diplomatique est intervenue quelques jours seulement après les déclarations du président Bola Ahmed Tinubu concernant la dégradation de la sécurité dans plusieurs nations du Sahel. Les chargés d’affaires du Mali et du Niger étaient également présents lors de cet entretien, signalant une démarche concertée et solidaire des trois nations constituant la Confédération des États du Sahel.

Les propos du président Tinubu au cœur des discussions

C’est le 30 juillet que le président Tinubu, lors d’une rencontre avec des chefs traditionnels nigérians, avait avancé que les défis sécuritaires majeurs auxquels le Nigeria est confronté étaient exacerbés par la situation prévalant au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Il avait notamment suggéré qu’une part des groupes armés opérant sur le territoire nigérian trouvait son origine dans les pays voisins. Ces affirmations ont conduit les autorités de Ouagadougou à transmettre officiellement leur position aux représentants nigérians par les voies diplomatiques habituelles.

Durant l’échange, Karamoko Jean Marie Traoré a souligné que cette interprétation ne rendait pas justice aux efforts considérables déployés depuis des années par les forces de défense et de sécurité, ainsi que par les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans leur lutte acharnée contre les groupes armés. Le chef de la diplomatie burkinabè a également rappelé que le Nigeria combat Boko Haram depuis de nombreuses années et que, de leur côté, les États de l’AES se sont toujours abstenus d’attribuer publiquement à Abuja une quelconque responsabilité dans l’évolution de la menace terroriste au Sahel, et ce, malgré des liens avérés entre certaines organisations armées actives dans la région. Il a insisté sur le fait que les opérations menées par les armées des trois pays contribuent de manière significative à la sécurité de l’ensemble de l’espace ouest-africain en réduisant la capacité d’action des groupes jihadistes.

Dans cette perspective, Ouagadougou a invité les dirigeants nigérians à privilégier des prises de parole qui favorisent la solidarité et la compréhension mutuelle entre des États confrontés à une menace sécuritaire commune. Le Burkina Faso est convaincu que la coopération régionale demeure un pilier essentiel dans la lutte contre les organisations terroristes qui sévissent en Afrique de l’Ouest. À l’issue de cette importante rencontre, le chargé d’affaires du Nigeria a confirmé avoir pris acte du message transmis par les autorités burkinabè et s’est engagé à le relayer fidèlement à son gouvernement à Abuja.