25 août 2026

Burkina Voix

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La cpi intensifie ses investigations au Tchad sur le conflit du darfour

Du 6 au 7 juillet, Nazhat Shameem Khan, procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), a effectué une mission de terrain dans les camps de réfugiés situés à l’est du Tchad. Son objectif ? Recueillir les récits des populations du Darfour, contraintes de fuir les violences au Soudan depuis des années.

Accompagnée d’une équipe du Bureau du procureur, elle a mené des entretiens approfondis avec des survivants et des victimes. « Chaque témoignage compte pour que la justice internationale reflète fidèlement leur souffrance », a-t-elle affirmé lors de cette visite.

Les camps tchadiens abritent des milliers de réfugiés originaires de l’Ouest-Darfour, où les combats persistent. Parmi les crimes documentés figurent violences sexuelles, exécutions sommaires, tortures et déplacements massifs. Ces exactions, selon elle, s’inscrivent dans une enquête prioritaire de la CPI, renforcée par des missions récentes sur le terrain.

Lors d’une allocution filmée, elle a souligné l’empreinte indélébile laissée par ces crimes : « Les conséquences de ces actes dépassent l’acte lui-même. Depuis vingt ans, des familles vivent sous le joug de ces traumatismes. Nous en sommes conscients. »

La délégation a ensuite rencontré les autorités de N’Djamena pour discuter de la coopération entre le Tchad et la CPI. Nazhat Shameem Khan s’est entretenue avec Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, ainsi qu’avec Ndolenodji Alixe Naimbaye, ministre de la Justice. Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer l’action contre les crimes liés au genre et l’accès aux témoins.

Le Tchad, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés du Darfour, a réitéré son engagement à soutenir les travaux de la CPI. Cette visite survient alors que l’institution judiciaire internationale approfondit ses investigations sur les exactions attribuées aux Forces de soutien rapide (RSF) et à d’autres groupes armés. Les attaques contre les civils, les camps de déplacés et les convois humanitaires restent une préoccupation majeure.

La CPI s’attache à documenter ces violations avec rigueur, en plaçant la protection des victimes et des témoins au cœur de sa démarche, en particulier pour les femmes et les rescapées de violences sexuelles. Cette démarche vise à ancrer la justice internationale dans la parole de ceux qui en ont le plus besoin.

En conclusion, la rencontre a permis de consolider la collaboration entre les autorités tchadiennes et la CPI, dans un effort commun pour lutter contre l’impunité et garantir que les responsables répondent de leurs actes.