La capitale de la République démocratique du Congo affiche un visage inhabituellement calme ce mercredi matin. Ce ralentissement général de l’activité fait suite au mot d’ordre lancé par l’opposition, qui a appelé la population à observer une journée « ville morte ». Cette mobilisation vise à exprimer un rejet catégorique du projet de changement de la Constitution, une initiative du pouvoir en place perçue comme une manœuvre pour permettre à Félix Tshisekedi de se maintenir durablement à la tête du pays.
Une activité urbaine paralysée et des commerces clos
Dès l’aube, le contraste avec l’effervescence habituelle de Kinshasa est saisissant. Les transports en commun, d’ordinaire saturés dès 3 heures du matin, sont aujourd’hui très rares. Les taxis se comptent sur les doigts d’une main, tandis que les élèves, habituellement nombreux sur le chemin de l’école, sont quasiment invisibles. La majorité des commerces ont gardé leurs rideaux baissés, et les embouteillages légendaires qui paralysent normalement la métropole ont laissé place à des avenues désertes.
Un dispositif sécuritaire impressionnant dans les points stratégiques
Dans le district de Mont-Amba, le constat est sans appel. Sur la route menant à l’Université de Kinshasa, le flux habituel d’étudiants est inexistant. En revanche, une présence policière massive est déployée le long des axes routiers. Les arrêts de bus sont vides et certaines stations-services, à l’image de la station Salongo, ont manifesté une certaine hésitation avant d’ouvrir. Des jeeps de la police ont été aperçues se dirigeant vers le site universitaire, tandis que des véhicules militaires circulent sur l’avenue Bypass. Le rond-point Ngaba, point de convergence névralgique, est resté pratiquement désert jusqu’aux alentours de 8 heures.
La commune de Limete n’échappe pas à cette atmosphère de ville morte. Sur les boulevards Lumumba et Poids lourds, les passants sont rares et les transports publics se font désirer. Un habitant en provenance du district de Tshangu a rapporté qu’un seul bus assurait la liaison vers le centre-ville en début de matinée. Par crainte de débordements, de nombreux propriétaires de véhicules privés ont préféré ne pas sortir leurs engins. Parallèlement, des patrouilles de police sillonnent les quartiers, et des agents de l’ordre sont positionnés en nombre, notamment au niveau de la première rue de Limete.
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