Un agent de santé dans le laboratoire de l’INRB
Un tournant pour le système de santé congolais
Une avancée majeure a été enregistrée dans le secteur de la santé en République démocratique du Congo. Après des semaines de tensions et de mobilisation, le gouvernement a finalement trouvé un terrain d’entente avec les syndicats de médecins, permettant de mettre un terme à une grève qui paralysait une partie du système hospitalier national. Cette décision, saluée par les professionnels de santé, marque un pas décisif vers l’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance des revendications portées par les soignants.
Les mesures phares de l’accord
Lors de la 94ᵉ séance du Conseil des ministres, tenue sous la présidence du chef de l’État, Félix Tshisekedi, plusieurs engagements concrets ont été pris. Parmi les points clés de cet accord :
- Intégration des salaires complémentaires : La totalité des primes et compléments de salaire sera désormais incluse dans les états liquidatifs à partir du troisième trimestre 2026, offrant une visibilité financière accrue aux médecins congolais.
- Alignement des rémunérations : 200 médecins verront leurs salaires alignés sur les standards définis par les conventions collectives, réduisant ainsi les disparités existantes.
- Priorité au secteur médical : La santé bénéficiera d’une attention particulière dans les opérations de modernisation de la Fonction publique, avec un accent sur la mécanisation des processus administratifs.
- Régularisation des effectifs : Le gouvernement s’engage à assainir les fichiers de paie pour éliminer les irrégularités et garantir une gestion transparente des effectifs et des salaires. Cette mesure vise notamment les médecins affiliés aux Forces armées de la RDC (FARDC), à la Police nationale congolaise (PNC) et au ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
Jean-Pierre Tshimanga Bwana, ministre de la Pêche et de l’Élevage, et porte-parole du gouvernement lors de ces négociations, a rappelé que « les deux parties se sont engagées à examiner, dès août 2026, l’alignement des autres catégories professionnelles du secteur médical ». Une décision qui laisse présager des avancées supplémentaires dans les mois à venir.
Fin de la mobilisation et perspectives d’avenir
Face à ces concessions, la coordination des syndicats de la santé a décidé de lever le mouvement de grève qui perturbait le fonctionnement des hôpitaux depuis plusieurs semaines. Cette annonce intervient après que le Syndicat national des médecins (Synamed) avait intensifié son action en lançant l’opération « Hôpitaux sans médecins » du 7 au 16 juillet 2026, sauf dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le syndicat avait justifié cette radicalisation par le manque de dialogue et le non-respect des engagements antérieurs par les autorités.
Pendant cette période de tension, seuls les services d’urgence et les banques de sang avaient continué à fonctionner, tandis que les cas critiques étaient redirigés vers des structures désignées. Le Synamed avait appelé ses membres à maintenir la pression jusqu’à la satisfaction pleine et entière de leurs revendications.
Avec la levée de la grève, le gouvernement espère désormais restaurer la confiance entre les autorités et les professionnels de santé, tout en consolidant les bases d’un système de santé plus résilient et performant pour l’ensemble de la population congolaise.
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