11 juin 2026

Burkina Voix

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Gabon : l’appel à la vigilance de Dieudonné Minlama face aux risques de dérive partisane

Dieudonné Minlama Mintogo rompt une période de réserve pour interpeller les autorités de la Transition. Pour l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, le péril majeur qui guette la Ve République n’est ni d’ordre économique ni institutionnel, mais réside dans la tentation de transformer le mandat populaire de Brice Clotaire Oligui Nguema en un simple instrument partisan.

Après plusieurs mois de silence observés suite au scrutin présidentiel d’avril 2025, Dieudonné Minlama Mintogo réintègre l’arène publique avec une analyse qui promet de faire réagir la classe politique gabonaise. Il soutient que le président Brice Clotaire Oligui Nguema bénéficie d’une légitimité d’une ampleur inédite, laquelle dépasse largement les clivages des partis traditionnels ou des courants politiques restreints.

En récoltant plus de 94 % des voix lors de l’élection, le chef de l’État s’est vu confier une responsabilité historique rare dans les annales du Gabon. Cette confiance massive impose, selon Minlama, des devoirs spécifiques envers l’ensemble de la nation.

Une victoire appartenant à la nation entière

Pour Dieudonné Minlama, ce vote massif ne doit pas être perçu comme le triomphe d’une seule écurie politique. Il s’agit avant tout de la concrétisation d’un espoir national né le 30 août 2023 et consolidé par le rétablissement de l’ordre constitutionnel. « L’erreur à éviter est de transformer le mandat du peuple en mandat partisan », prévient-il avec insistance.

Cette mise en garde traduit une crainte réelle : celle de voir le pouvoir se concentrer progressivement autour d’un cercle d’initiés, au risque d’exclure les nombreux citoyens, acteurs de la société civile et responsables politiques qui ont œuvré pour la réussite de la Transition et le processus de reconstruction du pays.

Le danger d’une gouvernance exclusive

L’ancien postulant à la présidence estime que l’atout majeur du projet porté par Brice Clotaire Oligui Nguema était sa capacité à fédérer au-delà des oppositions habituelles. La Transition a puisé sa force dans le soutien de sensibilités diverses, toutes unies par la volonté de clore définitivement le chapitre des divisions passées.

Dans ce contexte, toute stratégie d’exclusion pourrait briser la dynamique de rassemblement nécessaire à la Ve République. Pour Dieudonné Minlama, le défi crucial des années à venir sera de maintenir cet idéal d’unité nationale en instaurant une gestion de l’État ouverte, capable de mobiliser toutes les compétences du pays, sans distinction d’appartenance politique.

Sauvegarder l’héritage du renouveau

En définitive, le message de l’ancien opposant sonne comme un appel à la lucidité. Si le président Oligui Nguema a reçu un tel plébiscite, c’est parce qu’il a incarné l’image d’un rassembleur national plutôt que celle d’un chef de camp.

À ses yeux, la pérennité et le succès de la Ve République dépendront de l’aptitude des dirigeants à cultiver cette approche inclusive. Ce rappel souligne que les 94 % obtenus dans les urnes ne sont pas un simple capital politique à gérer, mais une mission historique qu’il convient d’honorer pour le bien de tous les Gabonais.