26 juin 2026

Burkina Voix

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Frontière Bénin-Niger : les trois conditions de Niamey pour rouvrir la frontière

Le Niger pose trois exigences pour la réouverture de la frontière avec le Bénin

Fermée depuis trois ans, la frontière entre le Bénin et le Niger pourrait rouvrir dans les prochains mois. Samedi 20 juin, le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, s’est rendu à Cotonou pour rencontrer les experts chargés du dossier de la réouverture de la frontière commune. Il a formulé trois conditions : la signature d’un accord de défense, celle d’un accord de sécurité garantissant la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre, et une transparence totale sur les dispositifs étrangers stationnés près de la frontière. Guillaume Moumouni, docteur en sciences politiques, analyse ces préalables.

Le Bénin peut-il accepter ces conditions ?

Selon Guillaume Moumouni, ces demandes s’inscrivent dans le cadre normal d’une négociation. Le Bénin, sur le principe, ne devrait pas les rejeter, d’autant qu’un accord de défense existait déjà entre les deux pays avant d’être dénoncé par le Niger en septembre 2023. Concernant la transparence, Cotonou a déjà fourni des explications pour rassurer Niamey sur l’absence de bases étrangères. Le point le plus délicat reste la transparence sur les dispositifs étrangers, qui pourrait faire l’objet de discussions approfondies.

Quels sont les principaux points de blocage ?

Le principal obstacle est l’absence de garantie, du côté nigérien, que son territoire ne soit pas violé par des forces étrangères, en particulier la France, avec laquelle le régime nigérien entretient des relations tendues. Malgré la volonté politique affichée par les deux parties de renouer les liens diplomatiques, ce point reste sensible. Le Niger cherche surtout à être rassuré sur l’absence de velléités hostiles à ses frontières.

Pourquoi une réouverture est-elle inévitable ?

La fermeture de la frontière depuis trois ans pèse lourdement sur les économies des deux pays. Le port de Cotonou est la porte d’entrée naturelle du Niger, et le coût d’opportunité est très élevé pour les deux nations. Les populations riveraines, les routiers et les commerçants subissent des conséquences économiques et sécuritaires importantes. Une réouverture apparaît comme une solution bénéfique pour les deux parties.