15 juin 2026

Burkina Voix

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Fin du duo Faye-Sonko au Sénégal : le choc de la rupture politique

Ce lundi a marqué un tournant historique pour le Sénégal avec l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale. Juste avant cette présentation officielle, Ousmane Sonko, à la tête du parti Pastef-Les Patriotes, a clarifié la situation en précisant qu’aucun cadre de son mouvement ne ferait partie de cet exécutif.

Cette déclaration vient sceller de manière définitive la séparation politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et celui qui fut son plus proche compagnon de lutte. Ce divorce, désormais acté, met fin à une collaboration qui semblait pourtant indéfectible aux yeux de nombreux observateurs.

Au sein de la jeunesse, et particulièrement à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, cette scission provoque une onde de choc. De nombreux étudiants, qui voyaient en ce tandem le moteur d’un renouveau national, expriment aujourd’hui leur désarroi face à l’effondrement de cette alliance emblématique.

Les tensions ont commencé à émerger en juillet 2025 lorsque le bouillonnant Premier ministre d'alors s'en était vivement pris au président Faye, fustigeant un

Une amertume grandissante chez les soutiens du binôme

Dans les allées de la Faculté des Lettres, l’ambiance est à la réflexion. Amath Segnane, un étudiant en pleine révision, ne cache pas son amertume. Pour lui, comme pour beaucoup de jeunes Sénégalais, le duo représentait une entité unique et inséparable.

« On nous avait promis que Diomaye et Sonko ne faisaient qu’un. L’idée d’une confiance absolue et d’un travail main dans la main pour redresser le Sénégal était au cœur de leur message. Constater ce divorce aujourd’hui est une immense déception », confie-t-il avec regret. Selon lui, cette rupture brise l’image d’unité qui avait porté leur mouvement vers les sommets.

Au Sénégal, la rivalité entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko divise aussi la jeunesse.

Une séparation prévisible pour certains observateurs

Cependant, tous les étudiants ne partagent pas cette surprise. Mamadou Bah, inscrit en Sciences économiques et de Gestion, estime que les signes avant-coureurs de cette crise étaient visibles depuis plusieurs mois.

À ses yeux, les frictions internes étaient devenues trop lourdes à porter. « On sentait que l’autorité n’était plus respectée et que l’ancien Premier ministre tentait de s’imposer face au chef de l’État. Ce dénouement ne m’étonne pas. Je soutiens la décision du président de la République de reprendre les rênes », explique-t-il, jugeant cette clarification nécessaire pour la stabilité des institutions.

Des doutes persistants sur la suite des événements

Malgré l’évidence des faits, une partie de l’opinion reste dans le déni ou l’espoir d’une réconciliation. Omar Sarr, étudiant au département d’arabe, refuse d’imaginer une fin définitive à cette collaboration historique.

Rappelant que Bassirou Diomaye Faye a accédé à la magistrature suprême grâce au soutien massif impulsé par Ousmane Sonko, il souligne la complexité de cette rupture. « Ils ont un passé commun si fort qu’il est difficile de croire à un divorce irréversible. Les avis sont partagés, mais je garde l’espoir qu’ils retrouvent un terrain d’entente », admet-il.

Désormais, une nouvelle ère s’ouvre au Sénégal : Bassirou Diomaye Faye dirige le pays sans l’appui du Pastef-Les Patriotes, tandis qu’Ousmane Sonko, installé à la présidence de l’Assemblée nationale, bascule officiellement dans le camp de l’opposition. Ce chamboulement politique majeur place le pays face à des défis inédits et une reconfiguration totale du paysage institutionnel.